‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 118 sur 302 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Ce fut ainsi qu'au bruit de celte abdication si inattendue, de toutes parts nos armes tombèrent ! Autour de Paris, elle avait étonné nos soldats et leurs officiers ; quelques-uns même , ignorant qu'elle avait été imposée , la reprochèrent à leur Empereur ! Partout

ailleurs^ en France, en Italie, en Allemagne, des généraux , des maréchaux dévoués , tels que Suchet à Perpignan; à Magdebourg, Lemarrois; Dalton à £rfurt; à Hambourg, Davout, demem*èrent saisis de surprise! Chacun douta et résista, suivant son éloigneinent de Paris, sa position ou son caractère, mais, à la fin, tous se soumirent à la nécessité et aux Bourbons. Ils se résignèrent à reconnaître, après l'abdication de la Légitimité du génie et de la gloire, la seule Légitimité qui restât, celle de la naissance!

Déjà, le lo avril, à la même nouvelle, la Cour de Blois, elle-même, s'était dissoute. Les jours suivants, rimpéralrice et son Fils s'étaient livrés à l'armée Alliée ; leur départ pour Vienne se préparait, et les frères de Napoléon , s'échappant par différentes voies , gagnaient la Suisse. Tout l'Empire ainsi se dispersait!

Quant à l'Empereur, depuis le i3 avril les dispositions de son esprit avaient changé. « La mort, disail- « il, n'avait point voulu de lui! » Il en avait donc fini même avec elle. Dès lors, se résignant à accepter l'avenir, il entrevit une destinée nouvelle, et, se ranimant, il prophétisa même son retour! On l'entendil fonder cet espoir sur l'amour de ses peuples de l'Est, sur celui de ses soldats, sur leur nombre qu'allaient accroître la rentrée des prisonniers et celle de nos garnisons des citadelles Allemandes , Espagnoles et Italiennes. Il souriait de l'aveuglement : et de ses ennemis du dehors, qui, le renversant de ses deux Trônes, le laissaient à leur portée ; et de ceux du dedans, qui, répudiant les couleurs nationales, symbole de gloire et d'égalité , identifiaient sa cause avec cçlle dé la Ré-

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