CHAPITRE IV
poléon, je répliquai : « Que TEmpereur se tu€frait plu- « tôt que d'abdiquer! » Fouché, par hasard, se trouvait là : il y arrivait d'Italie, par le midi de la France. Sa réponse à cette exclamation fut : « C'est un roué , « il ne se tuera pas! » Ce mot, c'est Fouché tout entier, et non l'Empereur! La nuit du 12 au i3 n'allait que trop le démentir ! Mais, comme il arrive ordinairement, pour juger autrui ce personnage n'avait d'autre mesure que lui-même.
Pourtant chaque heure , chaque bruit nouveau confirmait ce^ trktes nouvelles ; ma confiance s'ébranla ; elle résistait toutefois encore , lorsque, au milieu de la nuit du 9 au 10 avril, une lettre de Blois et de mon. père acheva de la détruire. « Deux aides de camp, « l'un d'Alexandre, l'autre de Napoléon , disait-elle , « venaient d'y arriver. Tout^^lait fini : l'abdication « consommée ! Les Bourbons reconnus ! Napoléon par- « tait pour l'île d'Elbe! Toute résistance devait ces- « ser; il n'y avait plus qu'à se résigner, qu'à adhérer, « qu'à suivre l'exemple universel! »
Je l'avouerai, je demeurai confondu d'étonnement ! H fallait cependant prendre un parti, et non-seulement pour moi mais pour les corps que je commandais. Il n'y avait pas à choisir. L'abdication était complète , Louis XVIII déjà proclamé ; j'envoyai donc mon adhésion, dont les premiers mots, « Je suis militaire, j'éu tais à mon poste et fidèle à mes serments , ils me n sont remis par l'abdication de sa Majesté l'Empe- « reur Napoléon, » furent supprinaés, je ne sais pourquoi, dans le Moniteur du 1 1 avril. Quant au reste , Napoléon nous manquant, quel autre droit que celui de
no
Louis XVIII pouvait prévaloir, quel au Ire Prince pouvait, au dehors comme au dedans, pacifier la France? Celte révolution était d'ailleurs un fait accompli, confirmé méoie par un aide de camp de l'Empereur; nous Tacceptâmes; et, quoi qu'il soit arrivé depuis, nous n'avions alors rien de mieux ni rien autre chose à faire.
FIN DU} DOUZIftMK LIVRE.
ET
ET