‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 130 sur 302 · IG · texte numérisé non relu

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lendemain de son arrivée, ses secrets et tristes pressentiments, sa foi perdue dans son Étoile, et le désastreux résultat de ce troisième et dernier effort d'un incomparable génie contre son destin, dont 1 inflexibilité voulut qu'à la grandeur de l'élévation s'égalât celle de la clmte! Quelque dignes de mémoire que puissent être, sur ce sujet, les récits que m'en ont fait des témoins tels que M. MoUien, mon père, B"*° Constant, le maréchal Reille, Monthyon , Turenne , le Prince d'Eckmûlh, et d'autres encore , je l'avoue , le courage me manque pour retracer tant de douloureux détails.

Renonçant donc à l'Histoire , et continuant cette simple biographie , je me bornerai à dire qu'attendant, d'après l'ordre verbal de Napoléon, le commandement d'une brigade de cavalerie, je fus nommé chef d'Etat-Major de l'armée chargée de défendre Paris, sur la rive gauche de la Seine. Ici l'événement rend superflue la nomenclature des forces qui nous furent confiées et de nos dispositions de défense. Comment oublier pourtant qu'un jour, vers cinq heures du matin, à cheval et parcourant cette position, je cheminais en compagnie du général commandant en chef, homme d'esprit et de coup d'œil , quand la nouvelle de la défaite de Waterloo nous atteignit? Nous nous arrêtâmes, moi consterné, lui étonné mais calme , réfléchi, et muet d'abord. Bientôt , interrompant mes exclamations, il me montra le moulin de Vaugirard : « Voyez- vous cette hauteur, me dit-il, songez-y; elle <c pourra bientôt acquérir de l'importance ! Recon- « naissez-la bien, quant à moi je vais à mes affaires. » Sur quoi tournant bride, et prenant le galop, il rentra

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