‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 134 sur 302 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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le plan de défense convenu. On l'a remplacé par ces demi-mesures timides qui accroissent les périls ; et cela si obstinément, que, au milieu du^second jour, h la faveur des clameurs d'une population trop livrée à elle-même, le désordre s'est augmenté , le Roi a perdu confiance dans son Gouvernement, et, s'avouant vaincu par Témeute, il lui a sacrifié ses ministres et leur système.

Il s'efforçait vainement, à la fin de ce second jour, de se reconstituer un ministère , quand les chefs démagogues, encouragés par cette première victoire, ont provoqué I'uq de ces accidents malencontreux qui ne manquent jamais aux situations critiques laissées trop longtemps indécises. L'émeute dès lors s*est changée en une révolte déclarée.

On pouvait ejicore la comprimer pendant la nuit qui suivit, et la dompter le lendemain. Le Roi, au mi- Iieu.de eelte ^ecoqde nuit, s'y était décidé courageusement. Il en avait même donné à Bugeaud l'ordre formdi.Cela est si vrai, que, dès le matin du troisième jour, Paris était déjà ressaisi par un vif et double élan, jusqu'à ses fauboui:gs. Mais, au lieu de confier la responsabilité de cette répression à un Conseil dévoué et d'accordavec Bugeaud, le choix du Roi étant tombé sur des personnages qui. avaient plus ou moins provoqué l'émeute,, leujr chef s'est refusé à combattre ses alliés de la veillé , à faire tirer sur ses propres troupes. Bien plus, trop confiant dans une popularité mal acquise, il s est. imaginé qu'au seul bruit de son avènement, qu a son aspect désiré, ^ l'autorité de ses paroles, tout s'apaise^it miraculeusement; qu'on verrait s'abaisser les barricades ; que désormais , au milieu de cet

immense désordre, lui étant enfin ministre , il n'était plus besoin d'appareil de troupes ni de chefs de guerre ! Dans cette infatuation , il a ordonné que de toutes parts on désarmât, qu'on fraternisât avec le peuple!

Depub ce moment, le flot populaire débordant et surmontant de plus en plus l^ nouveaux ministres, pendant plusieurs heures, rien, ni les progrès de la révolte, menaçant les Palais du Roi et des Députés , ni la proposition perfide de l'abdication , ni regorgement de plusieurs postes, n'ont pu les déterminer à donner à notre malheureux Roi un conseil courageux, ni aux troupes nombreuses et fidèles qui les entouraient, et qu'ils avaient paralysées, l'ordre de la moindre résistance !

Qui pourra croire jamais que ce soit devant quatre à cinq cents misérables , à peine armés de quelques fusils, et en présence de plus de trente mille soldats et gardes nationaux sous les armes, que, à l'étonnemenl, aux regrets, à la stupéfaction universelle, la Représentation nationale , le Trône , tout l'ordre social enfin se soit écroulé !

On vient de voir la part qui revient aux Conseillers du Roi dans cette honteuse catastrophe. Quant à notre infortuné Monarque , sa première faute , le second jour, est le renvoi de soif ministère devant une émeute, depuis vingt-huit heures, il est vrai , bien mal combattue. Sa seconde faute, le troisième jour, après son courageux appel à Bugeaud, a été d'avoir abandonné cette ferme inspiration par une condescendance trop constitutionnelle à l'avis d'un^ministère nouveau, mal choisi pour la circonstance. Sa troisième fauté, à la dernière heure, est de ne s'être pas décidé à tout plu-

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