CHAPITRE IV
Pendant que, grâce à quelques-uns des menibres de ce Gouvernement, et à un instinct général de conservation, quelques jours de répit et de' repos nous semblent permis, reprenons, pour nous distraire -des maux présents, le récit interrompu de nos maux passés; retournons aux souvenirs de ceux de Tété de i8]5^ àla vallée de Montmorency, et dans ce château de Saint- Gratien où je venais de me retirer.
Qu'allais**je y faire? Depuis seize ans j'étak devenu étranger au calme , aux goûts , aux intérêts de la vie des champs. Dans les trois dernières années de l'Empire, et pendant sa réapparition en i8i5, déshabitué de toute occupation sédentaire , je n'avais vécu que de vives et fortes émotions. J'emportai donc dans ma retraite une âme obsédée de regrets amers, des sens tellement pleins de bruits de guerre, qu'aux moindres sons il me semblait entendre encore ces pétillements inégaux de feux de tirailleurs, précurseurs des combats et des batailles. J'y portai surtout une inconsolable imagination, en désaccord avec le présent, renonçant