CHAPITRE Mil
dans le cours de mon ouvrage intitulé Histoire et Mémoires j dont cet appendice est le complément.
Heureux d'avoir pu recueillir des témoignages aussi authentiques, je m'étais endormi sur les hostilités qu'on me préparait , lorsqu'une visite fort matinale d'Yvan quelques jours après ^ réveilla mon attention sur le mauvais vouloir de mon adversaire. Ce pauvre docleur entra chez moi tout effaré. Il venait me redemander les notes qu'il m'avait remises. « Chirurgien des « Invalides, on était venu , me dit-il , le menacer de « lui faire perdre cetle place, s'il fournissait des pièces « justificatives à mon ouvrage ! » Je ne pouvais ni le compromettre dans ma querelle , ni me dessaisir de pièces aussi importantes. Je les lui refusai, et tout à l.i fois le rassurai, en lui promettant de n'en faire usage qu'après sa mort. Je m'en suis absl^enu jusqu'à ce jour; Yvan n'est plus depuis longtemps : on voit que je lui ai tenu parole.
Je ne songeais plus à cette affaire, quand , bientôt après, M. Baudouin, me rencontrant, m'arrêta. « J allais chez vous, me dit-il, pour vous avertir « qu'on prépare contre vous un virulent pamphlet, et « qu'il dépend de vous de fermer la bouche à son au- « leur. — Eh ! que m'importe? répondis-je, trop légèreté mentj'en conviens; quelle critique peut être sérieuse ft 'contre une œuvre aussi sincère, et aussi hautement « reconnue véridique par tant de témoins? Comment « d'ailleurs arrêter cette publication? — Ohî quant « à cela , reprit mon éditeur, deux mots suffiront. « Prévenez seulement que si Ion vous attaque publi- « quement, vous en ferez connaître le véritable molit
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(( dans certains faits qu'on veut dissimuler par. cet acte (c hostile, et dont la preuve vous sera donnée. »
Le conseil était salutaire, j'eusse peut-être dû le suivre; il me répugna. Dans ce moyen proposé je crus voir quelque chose de détourné qui sentait Tintrigue, une apparence, une sorte d'aveu de la crainte d'une lutte que ma loyauté ne devait pas redouter. M. Baudouin m'objecta vainement que je mettais là un faux point d'honneur, et que je comptais sans la mauvaise foi et sans les personnalités calomnieuses , Labituelles à toute polémique. Tout cela fut inutile, je résistai, et comme tant d'autres, sacrifiant, il tout hasard, le repos à venir au repos présent, ]ç me persuadai que ces appréhensions étaient exagérées et m'en tins à une délicatesse intempestive.
Elle fut telle, que quelque temps après l'événement j'ignorais encore les révélations que j'avais rehi^é d'entendre. Mais un jour, me trouvant à table chez M. de La Fayette , mon parent , et assis à coté de lui, il me surprit en me disant qu'il croyait pouvoir là-dessus satisfaire ma curiosité; que précédemment sollicité par mon adversaire de prendre en main la défense d'une pétition à la Chambre <les Députés, il avait été averti par Lord llolland, son ami, de n'en rien faire; Lord llolland lui-ménie a>anl refusé, à Londres, dans une occasion pareille, sur Tavis du comte Bathurst, et après la lecture de diverses pièces que ce ministre lui avaient connnuni(|uées, de servir d'appui à ce même personnage.-
Au reste c'est aux faits à parler eux-mêmes. On les trouvera, si Ton veut, dans Waller-Scolt, et dans les