CHAPITRE IX
Quant à l'Académie française j M. Daru ne m avait point trompé
Mon Dieu ! Quelle interruption ! Quel çflroyable spectacle ! Comment reprendre ma tâche après tant d anxiété? Ce matin, i5 mai 1 848 , je commençais ce nouveau chapitre, quand on est venu nous avertir que, de porte en porte, on nous appelait encore aux armes! On disait l'Assemblée Nationale envahie par une populace qui dictait la guerre en faveur de la Pologne !
Des ateliers de prétendus travailleurs sont soldés par le Gouvernement Provisoire. C'est une armée révolutionnaire ! Elle se renforce de vagabonds et de repris de justice , accourant de toutes parts à la curée du pillage qu'on leur promet et des millions qu'on leur prodigue! Déjà, depuis la honteuse révolution de la fin de février, ils ont marqué chaque mois par un attentat démagogique : ainsi le 17 mars; ainsi, et surtout, le 16 avril. Aujourd'hui, de plus en plus recrutés et pervertis, les voilà arrivés au nombre de près de cent mille! On les rencontre, par bandes plus ou moinsconsidérables, conduits par des chefs qu'un brassard distingue.
Pourtant beaucoup de ceux-ci, plus intelligents que les brutes qu'ils commandent , paraissent ne se prêter qu'à regret à ces saturnales. On les voit, à l'aspect d'un homme d'ordre, humiliés du rôle qu'ils jouent dans ce désordre , baisser les yeux. Est-ce pudeur de gens qui , dans leur sphère , quelqu'obscure qu'elle