‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 163 sur 302 · CHAPITRE Xr · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xr

fort changé, il me semblait que, soit caractère, liabitude ou conscience, je n'y avais rien épargné, et qu'enfin le succès obtenu convenait au but que je m'étais proposé. Dès lors, me croyant le droit de céder aux invitations renouvelées que j'avais reçues, je me présentai à l'Académie Française. Mon concurrent était M. de Lamartine. La place lui appartenait de droit, je le savais. Sa renommée, comme sa candidature, avait précédé la mienne; mais on m'avait averti qu'il convenait que je prisse date ; que cela plairait à la G)mpagnie , et m'assurerait son choix à la première place vacante qui surviendrait. J'avais donc subi cette épreuve de politesse et de modestie , quand la mort de M. le Duc de Levis , mon oncle, ayant laissé vide l'un des quarante fauteuils , je me présentai de nouveau. Mon inquiétude, cette fois, fut d'autant plus vive que j'étais résolu, si j'échouais, de renoncer pour jamais à ce concours.

Page 1