CHAPITRE XL
iButj après tant d'homnies célèbres, celui qui fut à la fois mon père, mon maitre, mon modèle, de qui je reçus plusieurs vies, qui créa tout en moi, jusqu'à celte existence nouvelle que j'ai le bonheur de venir aujourd'hui respirer au milieu de vous ? Lui , Messieurs , dont mes regards ne peuvent se détacher dans ce dix-huitième siècle dont il fut l'historien ; dans ce siècle qui semble encore se réfléchir tout entier en son style nourri, et brillant de cette clarté pure , simple, élégante, véritable langue des grandes et fortes pensées ; siècle dont il apporte au milieu de nous l'équitable et douce libéralité , la profonde et sage philosophie , l'urbanité de mœurs si aimable , et la persuasive et attrayante aménité ! Pardonnez ! mais ces paroles, qui s'échappent de mon cœur, ne venez- vous pas de les consacrer par un choix unanime? Car, on moi, Messieurs, je le sens avec une double reconnaissance, c'est lui, lui surtout, que votre tendre, ancienne et unanime affection vient de proclame!* une seconde fois votre confrère !
« C'est en respectant les mêmes règles , dans des genres nouveaux , que se sont illustrés, dans les livres et sur les théâtres de nos jours , les auteurs de ces romans, de ces scènes, de ces comédies historiques tant de fois redemandées; heureuses innovations, inspirées par nos mœurs, et qui ont étendu, sans bouleversement, le domaine du génie.
« Tels encore se montrent aujourd'hui ces historiens hardis et profonds , ces ingénieux et éloquents professeurs dont notre France s'honore. Voyez en littérature, en histoire, en philosophie, comme ils
caractérisent les temps, comme ils ont su saisir et peindre, à grands et nobles traits, la physionomie de chaque siècle ! Jamais le génie de l'histoire et l'histoire de l'esprit nous apparurent- ils sous des formes plus imposantes? Furent-ils jamais mieux étudiés, plus approfondis, et faut-il s'étonner que, au milieu de si nobles et de si vastes pensées, la pensée elle-même n'ait pu méconnaître sa céleste origine (i).
« Mais , de ces hauteurs nouvelles , loin de mépriser leurs ancêtres , leur génie se plaît à s'échauffer a la contemplation des siècles passés , sachant bien que, comme tout ce qui est froid , le dédain est stérile; et que l'admiration, l'enthousiasme sont seuls créateurs, de même que la chaleur seule est féconde.
« Successeurs naturels, héritiers légitimes, ils entrent en possession de ce patrimoine de gloire qu'ils ont deja tant augmenté, sans prendre un air de conquête ; ils succèdent, sans prétendre usurper ; ils héri-
tent,etnedépouillentpas!Enfm,ilsrecueillent, chaque jour, de leurs efforts, une renommée d'autant plus
formes d un langage devedu presque universel. « Voila Messieurs, ce que pensait celui que je
lUtérallTM"" " ^"'? "°" "PP«^«»' -« -Pi-is htteraires. Mais, en applaudis^nt à ces nobles efforts,
M. de Levis s étonnait de la direction différente que
opposé ""cebi 2 TT" r""' <J-PHilosophie spirit„di,« oppose a celui de Locke et de Condillac.