CHAPITRE XIII
non de réparer, mais d'expier sa folle et ingrate erreur du 24 février !
Mais, du côté du gouvernement, quelle coupable connivence dans les uns, et de la part des autres, quelle négligence dans les moyens préparés pour prévenir l'attentat de cette armée d'oisifs travailleurs, qu'il: s'agissait enfin de licencier! Quant au combat, que d'imprudence, que d'inexpérience dans l'attaque , de front et à découvert, de tant de formidables retranchements!
Constatons ici, comme témoin, un fait important : c'est que, dans cette lutte, la Garde Nationale, quelque brave qu'elle fût , eût été complètement insuffisante sans nos soldats, lesquels, trop peu nombreux, eussent eux-mêmes succombé sans le concours de la Garde dite Mobile j toute composée de ce qu'on. appelle les Gamins de Paris, depuis deux mois seulement enrégimentés. Ce sont eux dont la vive, l'intelligente et inexprimablç audace a le plus contribué à la victoire. Sans eux tout était perdu ! A ce propos , remarquons que dans nos guerres , ces conscrits Parisiens se sont partout fait distinguer par cette bravoure toujours si active et si ingénieuse , qu'ils doivent à une enfance élevée au milieu des épreuves , de toute nature , des rues de la capitale.
Mais, du côté de la révolte , quelle guerre infànie, toute de guet-apens et d'assassinats ! car aucun de ces n^isérables, n'a osé combattre en face et à découvert. t)ès qu'ils n'ont pu, en s'abritant, tirer sans dan ger et à coup sûr, ils ont fui et disparu. Mais jusquelà, embusqués aux fenêtres, retranchés derrière leurs montagnes de pavés entassés jusqu'à la hauteur des
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premiers étages , il a fallu quatre-* vipgt*seiz6 heures de combat pour les chasser successiv^eipeift de,ccârepaires I Pendant cesquatre jours, qu,ed'honipurs:làdie$y que de forfaits ces Barbares de la Civilisation, pire^ que les sauvages du Nouveau Monde , ont accomplis! C'est là que nos prisonniers ont été horriblement mutilés parleurs mains féroces; qu'un général et vingt oniciei;*s, trop généreux, ont été blessés, pu tués en.parlementaires; qu'un autre général et T Archevêque , se livrant seuls à la foi de ces perfides, pour les sauver de leur défaite, ont été traîtreusement, l'un ma^cré, l'autre assassiné ! Sur ces barricades, dans ces maisons partout emportées d'assaut, combien de nos officiers de ligne et de gardes nationaux ont été frappés par derrière , de la main même de ceux auxquels ils venaient d'accorder la vie !
s Mais pourquoi hésiter à donner, en un seul exemple, la mesure des forfaits dont ces monstres soi^t capables? Croira^t-on que, dans le quartier Saint-Antoine, après avoir assouvi leur brutalité sur une jeune et belle femme tombée en leur pouvoir, ces scélérats se sont substitué leurs cartouches, auxquelles ils ont mis le feu ! C'est un garde national , breton , attaché à mon service, qui lui-même a recueilli les derniers cris de h victime, expirant dans les douleurs atroces de cet infernal supplice !
Espérons qu'un crime aussi épouvantable n'a pu être commis que par des forçats libérés dont se grossit le parti démagogique. Mais ce que nul démagogue ne pourra désavouer, c'est la perversité des moyens de guerre employés par cet odieux parti pour atteindre