‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 194 sur 302 · CHAPITRE Ih · texte numérisé non relu

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lés embarras financiers , conséquences de ces désordres, c'est-à-dire : avec raccroissemenl des dépenses le décroissement du produit des contributions indirectes; la dépréciation des immeubles; la chute du crédit public et privé ; la suspension des aiTaires commerciales et industrielles; des faillites innombrables; enfin, les prétentions et la misère menaçantes d'une foule d'ouvriers sans travail, qui couvraient lé pavé des rues avec lequel ils venaient de triompher.

Ce fut au milieu de ces agitations anarchiques que commença entre les Conservateurs et les Progressistes cette lutte qui devait, dix-huit ans plus tard , tout entraîner, Institutions, Trône et partis rivaux, dans la- Mme démagogique.

Les hommes alors au Pouvoir représentaient ces deux opinions. Les uns, jaloux avant tout de popularité, ne croyaient pouvoir gouverner la démagogie qu'en la ménageant, et qu'à force de concessions dites libérales. Ils s'aidaient du républicanisme de M. de La Fayette, Commandant de toutes les Gardes Nationales du Royaume. C'étaient les ministres Dupont de l'Eure, Lafitte et le Préfet de Paris, celui-là même à qui Royer-Coliard adressa ce mot célèbre : <c II y a ce cinquante ans que je vous connais! — Qnquante « ans? mais je n'étais pas né! — Oh que si, vous a vous appeliez Péthion alors ! »

Les autres voulaient poser pour bornes au mouvement révolutionnaire le droit et la loi , maintenir la paix au dehors, l'ordre au dedans, constituer la classe moyenne, et appuyer fermement sur elle le Gouvernement. Ceux-ci, ministres avec ou sans portefeuille ,

étaient Casimir Périer, Guizol , Broglie et le Baron Louis. lis avaient la majorité dans les Chambres. Le reste des minisires et le Roi étaient^ au fond, de leur avis, mais plus flexibles, et, ne croyant pas Téruption assez épuisée, la crise à son terme, ils jugeaient que MM. de La Fayette et Lafitte, auxquels surtout on devait le nouveau Trône, n'étaient pas assez usés encore pour qu'on pût déjà s'en séparer.

Il en résulta que, le 2 novembre i83o, Périer et ses trois amis s'étant retirés, Lafitte devint ministre des finances et Président d'un Conseil indécis. Ce premier ministre, s'appuyant en dehors sur La Fayette el Barrot, personnifiait le mouvement, tandis que la plupart de ses collègues représentaient la résistance. Ces deux partis, alors sur un terrain Irès-resserré par Témeule, leur ennemi counuun , commençaient seulement à se dessiner. Ces couleurs, si tranchées depuis, quand de plus en plus l'amour-propre et l'ambition sHnterposèrenl, n'étaient encore que des nuances.

Il se peut bien qu'alors en effet , pour un Gouvernement issu d'une révolte, l'appui des personnages les plus populaires, quelque dangereux qu*il fiit, ait encore été indispensable pour traverser les crises qui se préparaient. La première et la plus critique fut le procès des ministres de Charles X. Il fut terminé le 21 décembre, sans crime public, grâce au ferme de'vouement deM. de La Fayette, qui, danscetteoccasion, risqua sa vie et sacrifia jusqu'à sa popularité , et grâce aussi à l'audacieuse habileté de Montalivet. Ce jeune ministre de l'Intérieur, homme de talent, d'esprit et de caractère , sut dérober à temps ces victimes à une

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