‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 195 sur 302 · CHAPITRE IL. 3tid · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL. 3tid

fureur presqu'universelle. Lçs ayant placés dans sa propre voilure, il les enleva du Luxembourg que Témeute environnait ; lui-même à cheval les escorta , et en plein jour, leur ayant fait traverser inopinément une muUitude exaspérée, il les déposa sains, et saufs dans la citadelle de Vincennes.

La deuxième crise fut celle de la loi sur la Garde Nationale. Le 26 décembre, elle amena la démission (le M. de La Fayette , devenu gênant, et le choix heureux du maréchal Comte de Lobau au commandement de la Garde Nationale de Paris, refusé par La Fayette.

La troisième, provoquée par une démonstration légitimiste dans réglise même de Saint-Germain l'Auxerrois, fut rémeule des i4 et i5 février i83i : jours néfastes, où cette église et Tarchevéché furent dévastés ; où le Roi vit arracher de partout ses armes antiques, et eut le malheur de se croire forcé de les mutiler luimême. Ajoutons ici, car on l'ignore, que Montalivet, trahi par l'un de ses principaux agents , qu'il eut la générosité de ne point dénoncer aux Chambres, avait été surpris sans défense par cette émeute, que l'exécution de ses ordres eût prévenue.

Ce fut alors que, dans la Chambre Élective, commencèrent ces vigoureuses , ces impérissables harangues, si longtemps victorieuses et si admirablement éloquentes, de M, Guizot. Elles reprochèrent au Gouvernement d'avoir un système de faiblesse et d'irrésolution, ou plutôt d'être sans système. Elles Taccusèrent de sacrifier à une popularité éphémère la paix intérieure et extérieure , l'ordre, la forlune publique , et de pro-

BI8T. ET WtM. — T. TH. 2'l

370 LIVHE DEUXIÈME,

longer indéfiniment ainsi Tétat révolulionnaire. Il fallut répondre; mais, Montalivet en se justifiant et Barrot en cherchant à se justifier s'étant attaqués mutuellement, le minisire déclara qu'il se retirerait si le préfet n'était pas destitué; et Barrot fut remplacé par Bondy à la Préfecture de la Seine. En même temps Lafitte, dans sa défense, acheva de s'aliéner la Chambre Elective, en la provoquant à demander ellemême sa dissolution; en sorte que, demeuré sans appuis en dehors comme au dedans du Conseil, lui-méaie fut obligé d'annoncer la fin de son ministère. Ce fut le i3 mars i83i qu'enfin celui de Casimir Périer le remplaça.

En terminant cette esquisse, j'invite à relire la séance du i8 mars, qui suivit cet avènement. On* y admirera l'éloquente et loyale exposition du noble et mâle système de ce ministère, à la formation duquel j'eus le bonheur de contribuer.

Je rentre ainsi dans des souvenirs plus personnels, après ce résumé indispensable aux récits suivants.

Page 1