‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 197 sur 302 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

s'efforça de la conjurer; ce fut vainement. Montalivet m'avait prié d'intervenir, mais je n'avais pas mieux rëussi. Le fait est que le gênerai, en présentant au peuple le Roi constitutionnel, s'était écrié : « Que ce se- (( rait, pour laFrance,lameilleuredes Républiques! »En sorte que, soit malentendu entre le Prince et lui, quant au programme de l'Hôtel-de- Ville ; soit que, dans des épanchements mutuels, lors des effusions de l'avénement, des espérances libérales sans mesure eussent été prodiguées à M. de La Fayette, celui-ci se plaignait déjà qu'on manquait à la foi promise. Pour moi, je croirais plutôt à un malentendu, car, je dois le dire, on rencontrait du vague dans ces griefs, quand on s'efforçait de les faire préciser.

Quoi qu'il en puisse être , sur mes interpellations plus ou moins pressantes : « Non, non, mon chercousin, « m'avait- il répondu; je connais ma position; il est « temps que je me. retire. Je pèse, je le sais , comme « un cauchemar sur le Palais-Royal; non pas sur le ce Roi et sur sa famille, qui m'aiment, qui sont les if meilleures gens du monde , et que j'aime tendre- « ment, mais sur leurs entours. N'ai-je pas entendu i( Viennet s'écrier devant le Roi, en me voyant entrer : « Voilà le Maire du Palais! Le Roi, lui-même, est-ce « sans intention qu'il me lit des journaux, venus d'Ace mérique, où je suis dépeint montrante l'Europe mon M mannequin de Roi Républicain pour la séduire. Nous a en avons ri, mais comment? Sans doute, j'ai été « utile à son avènement; mais si je lui ai sacrifié a quelques-unes de mes convictions , ce n'a été que « sur la foi du programme de l'Hôtel-de-Ville.

a J'annonçai là un Roi s'appuyant sur des Instice tulions Républicaines ! Or celte déclaration ^ qu'on <c semble oublier, j'y liens beaucoup; et voilà ce « qu'à la Cour on ne me pardonne pas. Ne sais-je « point qu'on va jusqu'à m'aceuser d'avoir ménagé a la dernière émeute, celle qui demandait la tête «« des ministres de Charles X, et d'en avoir grossi « le danger aux yeux du Roi ! Car, aujourd'hui que ce « danger est passé , on s'efforce de n'y plus croire. « Lafitte lui même prétend que le Roi n'en a point K éprouvé un moment d'inquiétude *, ce qui est faux^ « puisqu'il m'en faisait demander des nouvelles cent « fois par heure! Et en effet, vous le savez, le péril fui (( si pressant, quejefaillisenétrevictime, que leLuxeni- « bourg fut près d'être envahi par le peuple pendant « le procès, et après le jugement par une partie de (c la Garde Nationale, le reste nous ayant aban- « donnés. De lout cela la conclusion est que je dei< viens gênant. J'en prends mon parti. Je garderai A à la Famille Royale la même amitié, mais je n'ai « qu'une parole, et je ne puis changer mes convic- « lions.

« Pour mon Comniandemenl Général , certes je « pourrais attendre de la reconnaissance des Pairs le « rejet de la décision des Députés qui l'abolit, mais^ « outre que cela mê seniMe peu digne , ce serait en « recevoir un service pour lequel, avec mon ojMnîon ce contre l'hérédité , je ne pourrais que montrer de « l'ingratitude. Vous le voyez donc, par respect pour « la Chambre, pour le Roi et pour moi, je doisrési- « gner, de moi-même, un pouvoir que l'on redoute^

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