‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 22 sur 302 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

qu'il venait de frapper à Reims, il se fia à TefTet qu'il allait produire. Il espéra que son échec devant Laon en serait efTacé; que ce nouveau succès allait faire illusion sur sa détresse ; qu'il suffirait pour détourner, une quatrième fois de Paris, lesG)alisés; qu'enfin cette réapparition victorieuse entre leurs armées d'invasion, dont elle menaçait les flancs et interceptait les commuoications, maintiendrait l'une dans le nord, au delà de l'Ai^ie, et forcerait l'autre à rétrograder sur sa ligne d'opérations pour la défendre.

C'est pourquoi, dès, son' entrée dans Reims, son premier soin fut de s'affermir dans cette position, et d'en recueillir tous les avantages. Colbert et Vincent venaient d'être envoyés au sud, Ney à l'est, Marmont au nord. Ils devaient ressaisir, les uns Epernay, l'autre Cliâlons, et le troisième Berry-au-Bac. On ne rencontra de résistance qu^a ce dernier point : il coûta cent cinquante chevaux, trop aventurés.

Ce fut ainsi, que, sans se laisser ébranler par les cris de détresse de Paris et de Macdonald, il osa demeurer dans Reims trois jours entiers ! Il s'y occupa à refaire sa faible armée, à la passer en revue, à y rallier quelques renforts, et à expédier, pour la dernière fois, les affaires de son Empire. Depuis plus de dix jours elles s'étaient amoncelées dans ses portefeuilles. Cette confiance, si hardie dans la puissance de sa Renommée, cette fois encore, mais pour la dernière aussi, l'événement d'abord la justifia.

En effet, d'une part, et depuis le combat du lo mars, Blûcher, immobile sur le sommet de sa colline de Laon , n'osait recueillir les fruits de sa victoire, se

contentant d'en fatiguer toutes les trompettes cle la Renommée. 11 n'avait risqué^ Ters Soissons ^ Conipiègne et Berry-au-Bac , que de faibles I tentativefe. D'autre part, du 6 au i8 mars, Schtvartzenberg, dams Troyes, tout victorieux qu'il était du Duc de Reggio, y semblait enchaîné. U téitiporisait, sdil 'politique, soit inquiétude des mouvements d'Augereau supla Francbe- Comtéy des soulèvements de nos provinces del-Est, et, sans doute aussi , attendant Blûcher. Ceâ deux Feld- Maréchaux, au lieu d'agir, s'épuisaient en oonjectuite sur ce que pouvait tenter notre Empereur.

Cependant leiu^ avant-gardes , impatientés , les devançaient. Elles seules auraient suffi pour éti finir. Déjà Macdonald, repoussé les ï6 et 17 mars sur Natigis, se dévouait pour le 18 à un combat désespéré. Mortier de son c6té, vers Soissons, n'espérait pas davantage, quand, devant leurs faibles corps, l'ennemi tout à coup recula et disparut ! Pour la quatrième Ibis Paris, délivré, respira encore. La confiance de Napoléon triomphait! Sa victoire de Reims, la reprise hardie de Châlons, celle, doublement agressive, d'Épernay et de Berry-au-Bac , venaient d'opérer ce prodige ! Blûcher et Schwartzenberg, effrayés , avaient rappelé leurs avant-gardes 5 ceà deux chefs, se concentrant, l'un à Laon, l'autre autour de Troyes, croyaient n'avoir pas trop de toutes leurs forces pour se défendre. Tel fut l'effet de cette dernière mantenvre audacieuse , exécutée entre ces deux masses. Une poignée d'hommes, escortant un grand nom, en fit reculer et trenlbler encore plus de. deux cent milite!- •

Ce retour précipité du Généralissime Autrichien

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