CHAPITRE X
autrement son mandat: elle est, Dieu merci! bien au-dessus de la faiblesse qu'on lui suppose. Enfin, dans cette question surtout, cette menace de collision est tellement au-dessous d'elle, qu'il y aurait injure à vouloir seulement l'en défendre !
c( Quant à nous, Messieurs, dont la conscience, ou individuelle ou collective, est, sans doute, au-dessus de toute crainte, nous ne laisserons pas dominer notre délibération par une supposition si gratuitement offensante pour les deux Chambres.
<c Maintenant, en nous renfermant dans la nôtre, pourquoi vient-on demander à sa majorité une rétractation sans motif? Depuis quatre jours , quelle est la nouvelle délibération qui, la frappant d'une lumière subite et inattendue , aurait pu lui faire déserter une conviction déjà trois fois proclamée? Il faudrait la supposer à son tour bien incertaine, et variable, et légère ! Et quant à la seconde modification qu'on lui propose, car déjà la proposition de votre Commission en était une, je denoianderais à ceux qui la soutiennent, s'ils en ont une troisième, puis une quatrième, toutes prêtes encore, pour le cas où celle-ci subirait la même destinée que la première.
rc Mais pourquoi donc. Messieurs, une si pressante insistance? Pourquoi attacher à ce dissenliment , ou plutôt à ce malentendu, une si grande importance? La question serait-elle vitale? Mais non , sans doute. Ajournons-la donc par un rejet pur et simple; et, si l'oubli , qui en couvre tant d'autres de sa poussière, n'ensevelit pas celle-ci sous la masse toujours croissante de nos procès-verbaux, croyons que les majo-
rites des deux Chambres, déjù d accord sur l'abrogation , sauront bien y un jour, s'entendre sur l'expression d'un sentiment qui leur est plus commun qu'on ne pense.
a Je vole le rejet pur et simple. »
Mais l'un de nousr, soit complaisance pour une susceptibilité filiale déplacée , soit fatigue de ce conflit, le fît cesser. Il crut sauver l'honneur et préserver assez la société en proposant l'un de ces mezzo-termine qui, dans de pareils embarras, plaisent à la faiblesse du plus grand nombre. La majorité consentit donc à l'abrogation de toute commémoration. Quelques mots de flétrissure pour le crime de 93, qu'on ajouta dans le considérant, la décidèrent; modification insuffisante, et qui fut acceptée par l'autre Chambre.
Entre ces deux efforts ^ l'un heureux , l'autre inutile, je n'étais remonté qu'une fois à la tribune. Ce fut le 19 avril i832, et à propos des secours annuels donnés aux réfugiés Polonais. J'en profitai pour attaquer une fois de plus nos révolutionnaires. L'éloge que je fis en même temps du gouvernement de mon malheureux ami Périer, qui se mourait alors du choléra, adoucit, comme on l'a vu plus haut , ses derniers moments.
Aujourd'hui pourtant, puis-je laisser derrière moi une aussi grande mémoire sans lui rendre encore un dernier hommage? Mais que dire de plus digne d'elle que 1 éloquent et impérissable adieu prononcé sur celte tombe illustre par Royer-Collard?
nN nu UYRE DEUXliMS.