‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 255 sur 302 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

posa : (c Rendre pour la guerre clandestine du ministre « une guerre insidieuse , et l'étouffer à force d*eni- « brassements. » La guerre ouverte avait été préférée. Dès janvier iSSg ses nécessités. , ses entraînements amenèrent tous les inconvénients pré vus ; et, le fer une fois croisé, les coups portèrent plus loin et plus haut qu*on n'en n'avait eu l'intention.

Ce fut alors qu'on imagina cette inexplicable maxime : « Le Roi constitutionnel règne et ne gou- « i>erne pas ! » Dans le fait, alors comme jadis, c'était le Pouvoir Royal qu'on se disputait. Les temps changés, il n'y avait eu à changer que le prétexte. Au dix-septième siècle, sousMazarin, pour s'autoriser à tenter de s'emparer de ce Pouvoir,, on alléguait : « Que le Mo- «c narque se laissait gouverner par son ministre! » Au dix-neuvième siècle, au contraire, sous Louis-Philippe, et dans le même but, on prétexta : « Que le minisire « se laissait gouverner par le Monarque ! »

Le champ du combat fut l'Adresse en réponse au discours du Trône. Mole expia par sa chute, mais par une chute glorieuse, son fâcheux avènement. Attaqué comme insuffisant par les cinq Oppositions coalisées , il eut à lutter contre Guizot, Thiers, Barrot, Berryer et Garnier-Pagès : c'étaient les chefs éloquents des Doctrinaires, du Tiers-Parti, de .l'Opposition Dynastique, des Légitimistes et des Républicains. Il leur tint tête. Sa résistance, habile et courageusement obstinée, l'emporta ; mais ce fut par une majorité si faible, que, le Pouvoir lui échappant , il fut forcé de le déposer; puis, à défaut de successeur, de le reprendre, de dissoudre une seconde fois la Chambre, le 3i

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janvier, et d'en appeler une nouvelle, dont rélection, le 6 mars, lui ayant été contraire, le renversa défini* tivement.

Mais cette lutte , plus encore de personnes que de systèmes, dans laquelle, à mesyeuxdumoins,M..Guizot n'eut pas le premier tort , avait tellement désoi^nisé la majorité conservatrice , qu'aucun prétendant n'en put rallier une suffisante. Il fallut donc, le 3i mars, avoir recours à un Cabinet provisoire et intérimaire, que, le 12 mai, une insurrection démagogique décida le Roi à remplacer par un Conseil aussi définitif qu'il fut possible de le composer.

C'était un dimanche. Je dinais ce jour-là aux Tuileries. J'y arrivai tard. En entrant, étonné de Fallération des traits de la Reine, je m'approchais, quand m'apercevant : « Quoi ! monsieiu» de Ségur, s'écria-t- « elle , vous ignorez ce qui se passe? Encore une ré- « volte! Encore des assassinats! Cela dure depuis c( deux heures ; déjà plusieurs de nos pauvres soldats « sont égorgés ! »

Il n'était que trop vrai. Huit cent cinquante misérables démagogues, gens en faillite, repris de justice, ou cerveaux brûlés, enhardis par nos embarras parlementaires, venaient de tenter ce guet-apens. C'était le bas-fond de la société dite des Saisons j troisième transformation de la société des Droits de r Homme ^ suivie de celle des Familles. Cavaignac mort , Blanqui , Barbes et Martin-Bernard en étaient devenus les principaux chefs.

Voici quel était le plan de ces scélérats effrontés, que l'esprit faussement libéral et la sensiblerie

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