CHAPITRE H
ment devant le Roi, dont ce projet limitait la prérogative.
Un autre projet de loi de cette session sur la Propriété Littéraire me rappelle que, en octobre i836, une Commission préparatoire, nombreuse, composée d'auteurs, d'éditeurs et de jurisconsultes les plus renommés, avait été convoquée, à ce sujet, au ministère de l'Intérieur. Le ministre m'avait choisi pour présider à ses travaux; la Commission voulut, à son tour, que j'en fusse le rapporteur. Mon rapport fut approuvé.
Quant à la victoire de Nezib par le fils du Pacha d'Egypte, le 24 juin iSSq, suivie de la défection de la flotte Turque, je n'en parle ici qu'en raison de l'influence qu elle eut sur les événements politiques de l'année suivante.
Mais, avant de passer à l'année i84o, n'oublions pas de citer la téméraire et heureuse expédition , en octobre, dé M. le Duc d'Orléans, au travers des Portes de Fer Algériennes : entreprise dangereuse , dans laquelle le Roi osa risquer le plus précieux des fils qui l'environnaient.
Plusieurs fois déjà il n'avait point hésité à l'exposer aux hasards de la guerre, à Bruxelles, à Anvers, et dans cette même Algérie , 011 deux fois il avait également envoyé son second fils à l'assaut de Constantine. En même temps le Roi venait d'aventurer le troisième , M. le Prince de Joinville, au delà des mers, à l'attaque d'Ulloa, celui-là même qu'il envoya depuis à Tanger et à Mogador arracher glorieusement la paix au Maroc, à force d'audace. De même encore il commençait à mettre aux prises avec Abdel-Kader son qua-
frième fils, M. le Duc d'Aumale, dont Tardeur habile et impétueuse devait bientôt vaincre, dans son camp détruit, ce Chef célèbre. C'était ainsi qu'il dévouait sans cesse, au service de la France , la vie de ses enfants : généreuse et patriotique fermeté dans un père, et digne de plus de reconnaissance !