CHAPITRE III
L'année i84o commença, pour le ministère, par un succès, celui de l'Adresse, jugement des Chambres qu'il obtint tel qu'il le désirait. Bientôt après , notre arrêt du 3i janvier condamna à diverses peines vingt-huit nouveaux accusés de l'insurrection du 12 mai, dont Tun d'eux à mort, comme Barbes. C'était Blanqui, le plus astucieux de ces artisans de révolutions, et qui s'en était fait un métier. Il s'était créé une existence : il jouissait d'une espèce de supériorité dans les cabarets , dans les rues, et au milieu de la populace. Le Roi commua sa peine.
Cependant le ministère de transition s'avançait, dans cette nouvelle session , d'un pas assez, ferme en apparence, lorsque, le 21 février, à propos du projet de dotation de M. le Duc de Nemours, trompé par le silence universel de la Chambre , il se figura qu'on allait voter cette loi sans discussion. Deux cent vingt-six voix la rejetèrent. C'était un affront ; cette sorte de mystification l'aggravait. Le ministère ne put le supporter. Cet affront fut encore plus sensible au Roi; mais, quoi-