CHAPITRE IV
« d'accepler la position qu'on nous faisait : c'est-à-dire « de me décider à un mariage révolutionnaire, et de « rendre guerre pour guerre à celte Coalition nouvelle. « Dans celte gueiTe politique, nous aurions eu pour Ali< liés tous les Peuples Allemands. Car tous, vous le verce rez, sont sur la pente constitutionnelle, quoiqu'ils ne <f marchent dans cette voie qu'avec leur lenteur accou- « lumée. Et si leurs Princes, en s'atlacliant à la Russie ce comme à leur ancre de salut, s'efforcent d'arrêter ce ce mouvement, leurs Sujets, tout au contraire, ont pris ce en haine le despotisme hautain de cet Empire, et ils ce en détestent l'influence. Nous n'aurions donc eu Cl d'autre politique à suivre que de nous réunir à celte ce haine, que de les pousser à ce mouvement. Voilà ce ce que la sage prévision du feu Roi de Prusse n'a pas ce manqué d'apercevoir et d'appréhender. Voilà pource quoi, grâce aux sentiments affectueux que je lui 'c avais inspirés, que je n'ouhlierai jamais , et dont je ce vous prie de témoigner au Prince de Wiltgenstein a toute ma reconnaissance, il s'est décidé, à l'insu des ce autres Cours, et malgré tous les efforts contraires de ce l'Empereur, à me donner la Princesse deMecklemcc bourg, dont il avait, m'a-t-il dit, suivi et protégé la ce jeunesse, etdontilconnaissaittouteslesperfections. » Toutefois, en dépit du bonheur que M. le Duc d'Orléans devait à cette union , évidemment la fierté offensée de ce jeune Prince belliqueux gardait une vive rancune des rebuts qu'ailleurs il avait éprouvés. Aussi la politique libérale et aventureuse de notre premier ministre était-elle loin de lui déplaire, en ce moment, autant qu'à son père.
Celui-ci ne pouvait la supporter. Il avait même pris en aversion le caractère et jusqu'à l'esprit de ce ministre, a Vous venez, me dit-il, de le voir sortir d'ici. <c En nous promenant ensemble nous avons rencontré « le C^ de Paris. I^a vue de cet enfant Ta inspiré. Il « m'a improvisé tout aussitôt, sur l'importance euroce péenne de cet être, si faible et si frêle encore , un « morceau d'éloquence , d'une demi-heure au moins, « qu'il eût voulu sans doute qu'on pût sténogra- « phier, etc. , etc. ... » Et là-dessus, le Roi, après avoir récapitulé ses griefs d'alors , sur le quitus , sur la dotation qu'on lui refusait, sur la Légion d'Honneur dont on avait voulu, non sans raison, borner par une loi la prodigalité , enfin sur les efforts de l'Opposition pour le dépouiller de son pouvoir, revenant à l'objet de ma mission , sans cesser de se plaindre de son ministre : « Il va vous remettre, me dit-il a encore, la lettre que vous devez porter au nouveau
<i Roi, etc., etc Il m'a fallu la recommencer. Je
« veux que vous en emportiez pour vous une copie, a et que vous ne la teniez que de ma main. »
Tels furent , sur cet entretien de trois ou quatre heures, plusieurs des souvenirs choisis que j'en emportai. Quelques-uns, ces derniers surtout, me furent pénibles. Je redoutai les suites de ce désaccord profond du Roi et de son ministre, sans néanmoins prévoir le cruel dénoûment auquel , huit ans plus tard, cette mésintelligence devait contribuer!
Vous trouverez le reste de mes souvenirs sur celte mission dans la dépêche suivante et dans les notes qui l'accompagnent. Elles sont datées de Berlin. Mais,