‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 270 sur 302 · CHAPITRE iV · texte numérisé non relu

CHAPITRE iV

ce tous la pak, nous; l'Europe ne demande que du « repos ; ce repos ne pourrait être troublé que par la « France. Quant à la confiance de voire nation dans « votre Roi, oui, elle a raison; c'est au Roi que tient « tout : c'est à lui que nous devons, depuis dix ans, a le repos universel ! »

« Le bruit a couru dans Berlin , ce jour-là même , que cette audience avait duré deux heures ; c'était, comme il arrive toujours, une exagération de près de moitié.

« La Reine ensuite m'a reçu avec une bonté pareille. Le matin, le soir, avant et après. le dîner, elle m'a plusieur^ fois parlé de notre Reine pour qui elle montre une profonde vénération , et des Princes , de M. le Duc d'Orléans surtout; puis de M"* la Duchesse d'Orléans , mais avec plus de réserve sur cette Princesse... etc. etc. etc.

« J'avais oublié le matin de remettre au Roi la lettre deM. le Duc de Nemours; avantledinerj'aidità Sa Majesté que, troublé par les bontés dont elle m'avait comblé, j'avais eu cette distraction, et que je lui demandais

la permission de la réparer etc. Après le dîner,

j'ai trouvé une occasion naturelle de lui dire qu'en Franœ, à la triste nouvelle arrivée de Berlin, on s'était d'abord alarmé ; mais que, bientôt, la publication des derniers écrits du feu Roi, les paroles et les premiers actes du nouveau Règne, avaient excité des transports universels. <c Quoi! réellement, s'est écrié le Roi, <c la France a lu ces écrits! — Avec avidité. Sire, ai-je « répliqué ; cette publication a produit l'effet le plus « heureux ; et la renommée de l'esprit du Prince qui al-

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ic lait régner, de sa profonde instruction et de son goûl a si éclairé pour les Arts , a aussitôt ramené la con- « fiance générale ! » Sa Majesté est restée un momenl silencieuse ; puis j me serrant la main , elle a repris : « Monsieur de Ségur, vous direz au Roi que je tiens (c surtout à son amitié ! »

(c Voilà y monsieur le Ministre, le compte aussi fidèle que possible de tout ce que j'ai vu, entendu et dit ici jusqu'à ce jour. Peut-être est-il. trop long pour ce qui a rapport à mes paroles. Mais songez à nos deux derniers entretiens; et votre bonne m/çmoire vous fera retrouver, à peu de choses près, dans le récit de ces conversations avec le Roi , le fond et même la forme des instructions que vous m'aviez données. .... etc. etc. etc.

« Agréez, monsieur le Ministre.... »

1 Berlin, fojaillet 1840. >

Ces derniers et cœtera sont, après quelques aulres détails, un éloge très-mérité de la haute position qu'avait su prendre à Berlin , par son esprit à la fois sage, ferme et habile, le C^ Bresson, notre ambassadeur; puis l'avis de la perte que la France allait éprouver, dans le Conseil de Prusse, par la retraite du Prince de Wittgenstein , âgé de soixante-dix-ans, ce ministre m'ayant confié les divers motifs qui le décidaient à se retirer.

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