‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 273 sur 302 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de celle. du Roi, et' de ne plus s'en détacher, ce qui serait toujours pour lui une fausse position, etc.)

i3-i4 ^^ 1^ juillet, «J'ai cru devoir me montrer très-curieux de visiter les divers établissements d'une capitale où l'envoyé du Roi était si lionorablenient reçu . Après avoir parcouru Berlin et ses casernes avec une attention marquée, j'ai donc été voir : le Musée, où se trouve la statue de Napoléon ; la Bibliothèque , contenant quatre cent mille volumes, cinq mille manuscrits, et possédant un rescrit sur cuivre, fort curieux, de Vespasien, etc. etc. (mais le bâtiment est insuffisant) ; puis le vieux Palais , renfermant des souvenirs très-intéressants du Grand Frédéric, deux tableaux, l'un représentant Napoléon Premier Consul passant le Saint-Bernard, l'autre, Napoléon Empereur, etc. etc. ; puis l'Ecole d'Architecture et son Directeur M. Schinkle, etc. etc. Ses esquisses mythologiques sur la création et l'histoire du monde ont tellement enchanté le Roi, qui lui en avait donné l'idée, qu'il vient de l'embrasser à plusieurs reprises, en s'écriant : « J'embrasse l'homme qui fait le plus grand hon- <( neur à la Prusse ! »

« Le lendemain je suis retourné chez ces Directeurs, les remercier de Tobligeance avec laquelle ils m'avaient reçu. Ces visites et mes paroles ont atteint k but que je m'étais proposé : elles ont flatté le Roi , et lui ont montre ma reconnaissance.

« Je m'aperçois que j'ai omis de parler de l'accueil plein de ^ràce que m'a fait M'"* la Princesse de Prusse. M"® la Duchesse d'Orléans sait d'avance tout ce qu'elle a pu me dire de touchant sur elle et sur toute la Famille Royale. Elle m'en aurait dit plus, évidemment, si M"*' la Grande Maîtresse n'avait point été trop proche témoin de cette audience ; aussi ai-je été secrètement averti, dans la soirée, de la part de cette Princesse, de ne point partir sans la revoir.

i6 juillet ^jeiulL «Le Roi, aiiclîner du lo, ayant bien voulu regretter de n'avoir pu me réunir à M. de Humboldt, qui ne le quitte guère, et qu'il loge chez lui à Sans-Souci, j'avais répondu que je ne manquerais pas de faire mon pèlerinage près d'une aussi grande renommée. M. de Humboldt était, en ce moment, à Berlin; je l'y ai vu. Dans cette visite, je lui ai dit combien Paris faisait de vœux pour le revoir, et que j'y serais mal reçu, ainsi qu'à l'Institut, si je n'y rapportais l'espoir de son prochain retour. Puis nous nous sommes dit adieu , lui parlant pour Sans-Souci, et M. de Werther m'ayant prévenu que l'usage s'opposait à ce que j'allasse y prendre congé de Sa Majesté avant mon départ. Mais, tout au contraire, j'ai reçu du Roi une invitation pour aller dîner chez lui le i6 dans cette même résidence. On m'a averti, en même temps, d'y venir de bonne heure , Sa Majesté ayant chargé M. de Humboldt de m'en -faire les honneurs.

«En effet, arrivé a temps, M. de Humboldt en m'apercevant m'a dit : « Je vous attendais, vous le voyez ; le Roi a fait « mettre pour vous l'une de ses voitures à ma disposition! « Il veut que je vous fasse voir le Palais-Neuf, la Villa Char- « lottenhoff, le tombeau de la feue Reine, et le parc où il a c( fait jouer les eaux pour vous ! h Au milieu de cette course d'une heure et demie, comme je remerciais ce savant célèbre de la prédilection qu'il montrait à Berlin pour les Français, et de ses constants efforts pour faire partager à Sa Majesté, comme au feu Roi , un penchant aussi heureux pour les deux Peuples, il m'a répondu : « Qu'il était bien « vrai qu'il aimait la France, dont il se regardait comme Cia toyen par adoption ; quant à sa position à la Cour de « Prusse , qu'il y était aussi bien avec le fils qu'il avait été avec a le père, parce que, constamment attaché à tous les deux, « il n'avait jamais été à l'un aux dépens de l'autre ; que b « Roi, tout en conservant, avec grand soin, des dehors d'at-

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