‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 295 sur 302 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

qu'aux toits des maisons, et au milieu desquelles le majestueux monument se trouvait comme encadre ! Triomphe admirable d*un cercueil, où ce mort impérissable me semblait mille fois plus vivant encore que cette immense multitude réunie pour le contempler!

Nos annales ont conservé le récit des honneurs, inouïs jusque-là , qui l'attendaient à l'église des Invalides. J'ajouterai seulement que nous fîmes tout ce trajet par un froid cruel. Un vent d'est, violent et glacial, le rendait tellement incisif, qu'il nous rappela le ciel russe de 1812 , et toutes les douleurs de la Retraite! Ce fut en dépit de cet ouragan, s'opposant de front à notre marche, et de cette atroce température , mortelle à beaucoup des spectateurs , que rentra dans Paris, en face du Trône qu'il avait si glorieusement occupé , ce mort illustre ! comme si le Ciel , non apaisé encore, eut voulu, par cette rigueur, rappeler Tune des fatales entreprises qui l'en avaient fait tomber!

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