CHAPITRE IX
Suum cuiqitel Deux faits mémorables , cette restitution des restes de l'Empereur et les fortifications de Paris, qu'on allait nous demander, étaient un le^s de M. Thiers à ses successeurs. Mais on a vu qu'il leur laissait aussi une lourde tache, le rétablissement de la paix au dedans et au dehors.
Quant à J'extérieur, quelque pacifique que fût le nouveau Conseil , et quoique la querelle fut terminée, il conserva du ministère précédent une attitude défensive; il accepta 9 fier et armé, en présence d'un ministre Anglais hostile, l'isolement que la jactance de ce ministre, provoquée il est vrai, nous avait brutalement imposé. Bien plus, en obtenant du vote des Chambres le complément des fortifications de la capitale, il se montra prêt à tout risquer, s'il le fallait, pour défendre l'honneur Français. Ce fut dans cette attitude calme et ferme que, depuis le i8 octobre 1840 jusqu'au 3o août 1841 , il persista, attendant, pour en changer, un changement prévu, d'hommes et de système , chez notre ennemie naturelle.
Ces fortifications de Paris sont l'un des actes les plus mémorables du Règne de Louis-Philippe. On les voulut complètes, parce que des forts détachés sans l'enceinte eussent été insuffisants : l'enlèvement subit d'un seul d'entre eux , par surprise ou trahison , en pouvant faire tomber, d'un seul coup de main, tout le système.
Maintenant, que l'on suppose l'Europe conjurée contre nous encore , ses armées victorieuses , et l'une d'elles, forte de cent cinquante mille hommes et chevaux, abordant Paris; car c'est là tout ce qu'une Coalition, elle-même, pourrait a voir de disponible : après plusieurs combats, après une bataille, après cent lieues d'une marche appesantie par la nécessité de traîner avec soi un parc de siège, enfin, après tous les détachements laissés en arrière pour occuper nos provinces, masquer nos citadelles, et pour garder