CHAPITRE VI
marches, en partant de Provins pour joindre l'Enipereur, avait été forcé de jeter à sa gauche, ayant reçu, selon les événements, ordre et contre-ordre, le désordre en était résulté. Ces corps flottaient indécis dans ces vastes plaines. Une division de cavalerie avait rebroussé chemin de Plancy à Sézanne; tout un parc d'artillerie, au contraire, s'était avancé sans escorte, de Sézanne à Somme-Puis, que nous venions d'abandonner; l'ennemi s'en était saisi, et Gérard, accourant au bruit, n'avait pu lui en arracher que quelques restes.
Ce jour-là même, 23 mars, à Poivre, les coureurs de Blùcher et ceux de Schwartzenberg s'étaient rencontrés. Leur cri de joie avait retenti dans les plaines de la Champagne! 11 proclamait la jonction victorieuse des deux grandes armées d'invasion : celle de deux cent mille Alliés, dont l'énorme masse séparait les trente-six à quarante mille soldats épuisés de Napoléon gagnant la Lorraine , des vingt-sept mille hommes de Marmont, Mortier et Pacthod, épars de Vertus à Sézanne ; il annonçait enfin que les Princes, que toutes les armées coalisées, venaient de s'interposer entre notre Empereur et sa capitale !