‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 38 sur 302 · CHAPITRE VI!. CO · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI!. CO

Reims de Napoléon, il avait lenlé le passage de TAisne à Berry-au-Bac. Marmont en avait fait sauter le pont. Mais bientôt, débordés à droite par Neufchâtel, et cette faible barrière francbie, lui et Mortier, alors à Reims, n'avaient plus su à quoi se décider. Ils avaient hésité entre deux nécessités à la fois diverses et impérieuses : 1 une les poussait à reculer de Reims sur l'Aube , pour couvrir les derrières de son expédition ; Tau- Ire, à se retirer par Fismes, pour défendre la capitale. Dans cette alternative, et pendant les 19 et 20 mars, on avait vu ces deux maréchaux , qu'excusaient Fénorme disproportion du nombre et des instructions contradictoires, flotter incertains de Fismes à Reims. Trois fois ils avaient fait occuper cette dernière ville, et trois fois ils l'avaient abandonnée. Ils venaient enfin de se décider pour Fismes, quand, le 21, une dépêche de Napoléon blâma ce mouvement, et ordonna

l'autre. Elle leur annonçait la fuite de l'armée Austro-

Russe sur Bar et Brienne. Dans cette confiance. Napoléon leur prescrivait pour point de ralliement général Châlohs, ou cette même ville de Vitry dont ils venaient d'abandonner la route, et qui était près de devenir le centre de jonction de toutes les armées étrangères.

Aussitôt Mortier et Marmont, s' empressant d'obéir, veulent ressaisir à Reims la route directe de Vitry par Châlons, mais déjà cette voie leur est fermée, et Winzingerode en est maître. Alors, se détournant au sud et à droite sur Château-Thierry, ils tentent dans le même but le grand chemin d'Épernay, qu'ils trouvent également occupé. Le 22 ils y renoncent, et, re-

descendant toujours au midi , ils gagnent MontmiraiL Cette troisième route de Châlons à Vîlry leur paraissant libre, ils s'avancent le 23 mai^ jusqu'à Bergères. Mais là, ils rencontrent de nouveau Tennemi qu'ils chassent de Vertus, et, ne pouvant continuer, ils se décident à une quatrième tentative encore plus aU sud, sur une quatrième route , celle de Fère-Champenoisè à Somme-Puis. Ce fut par là qu'enfin Marmont poussa jusqu'à Soudé-Sainte-Croix, où il s'établit, tandis que Mortier, pour mieux vivre, mieux s'abriter et sonder Châlons, s'arrêta à Vitry d'un commun accord.

Ils espéraient se rallier le lendemain à Napoléon . Près d'atteindre le rendez-vous prescrit, ils ne se doutaient pas que, entre eux et l'Empereur, au lieu de quelques cavaliers de Blùcher, c'étaient toutes les armées ennemies qui, d'x\rcis à Somme-Puis, Vitry et Châlons, étaient réunies devant leur faible colonne. Ils ignoraient enfin que, en cet instant même et à quatre pas de là, deux cent mille Alliés se décidaient à marcher le lendemain sur Pajris. par cette même route sur laquelle Marmont venait de s'établir avec sept mille huit cents hommes.

A celte fatalité divers accidents se joignirent. Les uns naquirent des circonstances, d'autres de la pluralité des chefs, un troisième, surtout de leur caractère. Cette dernière marche de flanc, en plaine et à portée de l'ennemi, était dangereuse. Déjà, dès le matin, Belliard, effrayé des bruits qui circulaient, avait proposé la position de Fère-Champenoise comme assez avancée, et moins imprudente; Mortier aussi l'avait préférée. On y eût appris des nouvelles de l'Empereur,.

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