CHAPITRE VII. 7t
de 1 ennemi , et rallié successivement à soi Paclhod y Compans, Souhani et dix mille hommes. On se fut enfla Irouvé là vingt-sept mille hommes , réunis dans une position moins défavorable à la défensive.
L'inspiration de Thabilç Belliard, celle du bon sens (leMorlier, étaient donc heureuses; Marmont les dédaigna. Soit confiance en lui-même ou dans ses ins- Iruclions; soit qu'il crût les Austro-Russes en fuite vers Bar; soit réaction de fermeté après ses hésitations du 19, il s'était obstiné jusqu'à déclarer qu'il pousserait jusqua Soudé-Sainte-Croix; qu'il suivrait tout seul celle direction plutôt que de tâtonner davantage ; et celle témérité, il n'avait pas manqué de la commettre» Ce maréchal avait reçu de l'Empereur le commandement en chef des deux corps, mais secrètement, à Tinsu de Mortier plus ancien maréchal que lui. Dans sa confiance, pour mieux vivre et dormir plus à l'aise, et par ménagements pour son collègue, il l'avait laissé s'arrêter à Vatry, sans exiger sa réunion dans Soudé- Sainte-Croix, dès ce soir-là même.
Cependant, à peine était-il arrivé dans ce quartier général, que, de toutes parts, les avis les plus alarmanls l'avaient entouré : Châlons pris; l'échec d'Arcis; la perte de Vilry; la retraite sur Saint-Dizier ; la jonction menaçante des deux Invasions en une seule; jusqu'à leur marche, résolue le matin même, sur Paris, résolution que ces Alliés proclamaient hautement dans leur joie déjà triomphale! Toutes ces calamités, on les touchait au doigt ; elles étaient dans toutes les bouches, elles frappaient même tous les regards!
Mais l'orgueilleux Marmont n'avait foi qu'en lui-
Convaincu que cette pariié la plus difficile de la science (lu général, celle de deviner, d'après les événements de la journée, Ijes projets de l'ennemi pour le lendemain, était particulièrement la sienne, dès que son opinion sur ce point était fixée, c'était comme Tarrét (lu sort. Ajputez que, par tempérament et dédain, il citait de Tintrépidité la plus impassible. 11 en résultait alors qu'aucun avis, que nul Rapport, sur l'âipproche même des plus grands dangers, n'étaient capables d'é- ])ranler sa conviction. 11 y avait du grandiose dans ce caractère entier. C'était, il en faut convenir, un homme de grand cœur, de beaucoup de science et d'esprit, et quelque mal que, dans ce moment d'erreur et depuis, il nous ait fait, Tun des personnages remarquables de celle époque.
Enveloppé dans sa persistance hautaine, et persuadé que l'ennemi ne s*attaquerait point à lui, il s'était donc établi, de plus en plus -^ dans ce nouveau (juartier général. La nuit venue, d'immenses lignes de feux rougirent l'horizon devant lui entre la Coslè et la Marne; ces feux ne l'éclairèrent point. Peut-être .même y crut-il voir ceux de l'Empereur! Vainement les cris d'alarme autour de lui redoublèrent : au général Belliard, qui insistait sur ces rapports, il reprochait, en souriant, sa facilité trop crédule ; à un officier, envoyé en reconnaissance et ramené à coups de sabre jusqu'aux grandes gardes, il répondait qu'il avait eu peur et vu double. Quant aux assertions des prisonniers ennemis, n'en tenant compte, c'étaient, disait-il ^ dos gens rusés ou stupides !
Un autre officier, un Polonais, avait osé pénétrer