CHAPITRE VllI
même prononce à haute \oix ce serment| et, tous, exaltes de son héroïsme, répèlent, avec acclamations et en agitant leurs armes, ce cri d'un dévouement à jamais sublime !
Ils tinrent parole ! Et d'abord , inaccessibles aux charges furieuses de toute Télite de la cavalerie alliée, leur feu roulant les entoura de morts et de mourants, dont ils jonchèrent ces plaines fatales. Au milieu de ce combat, deux frères, Tun transfuge, Faulre dans nos rangs, se trouvèreht aux prises ! Le premier, riaguère aide de camp de Moreau, osa sommer l'un de nos carrés de mettre bas les armes ! Son frère en commandait l'artillerie : il lui répondit à coups de miiraille ! La fumée dissipée laissa voir l'un debout, ferme dans son devoir, tandis que, justement atteint, le transfuge resta étendu à terre l
Les charges alors recommencèrent, le feu de Pactliod redoubla, et, la cavalerie restant impuissante, l'Empereur Alexandre fit avancer son infanterie. Mais contre ces murailles vivantes ce nouvel assaut ayant échoué encore, et l'artillerie seule pouvant les démolir, on l'appela. Bientôt quatre-vingts bouches à feu les battirent en brèche ! Et cependant, nos malheureux carrés, troués, brisés en morceaux , persistaient, lorsqu'enfin , dans leurs flancs entr'ou verts, la cavalerie ennemie , suivant sa mitraille , se précipita !
Le premier carré qui succomba fut celui de Pacthod, les autres ensuite : ceux d'Amey, de Jamin, de Bonté et du général Delort. Le dernier fut celui du
général Thévenet; et pourtant, les rangs rompus, les
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carrés déibnnés, on ne se rendit point : on se défendit d'homme à homme^ à la baïonnette ! Trois mille cinq cents gardes nationaux se firent tuer sur place! Quinze cents soldats et les six généraux, la plupart blessés ou foulés aux pieds des chevaux, restèrent prisonniers! Quelques centaines seulement , les plus rapprochés des marais de Saint-Gond, s'échappèrent.
On dit que Pacthod ne voulut livrer son épée qu'à l'Empereur Alexandre lui-même ! On ajoute que, saisi d'admiration, ce Prince, rendant au dévouement de nos malheureux compagnons d'armes le plus éclatant des témoignages, s'avoua vaincu dans sa victoire par une aussi glorieuse défaite!
Malheur illustre en effet! Gardes -vraiment nationaux! Nobles victimes! Puisse du moins ce récit le^ir survivre ! Puisse-t-il leur servir à jamais de monument funèbre ! Mais pourquoi notre Patrie n'en a-t*elle donc pas élevé un autre à leur cendre? Combien de temps ce sol, trempé d'un sang si généreux, restera-t-il muet encore? Garde nationale Française, l'Étranger a-t-il oublié le chemin de la France? Et s'il se représentait cependant , quel exemple plus glorieux invoqueriez-vous? Dans quel monument la Patrie oflrirait-elle à vos descendants le souvenir d'un dévouement plus sublime? Sur quel autre autel , enfin , iriez- vous alors jurer de mourir pour elle?