‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 60 sur 302 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

seph : il fit répondre que c'était au Frère de l'Empereur seul à en décider, mais qu'il le faisait vainemem chercher depuis Irois heures. Enfin, débordé de plus en plus, et voyant Paris près d'être emporté d'assaut, Marmont se résigna ! Il envoya demander une suspension d'armes. Schwartzenberg, aussitôt, la lui accorda. Les conditions en étaient forcées par les circonstances. On convint que le reste des hauteurs extérieures serait * sur-le-champ cédé aux Coalisés ; que l'armée Française se renfermerait dans l'enceinte ; et que, dans deux heures, toutes les clauses de l'entière évacuation de Paris seraient arrêtées. Mortier ne put que se soumettre.

Ce fut dans La Villette, à cinq heures du soir,, puis à Paris, chez Marmont, entre les deux miaréchaux d'une part, et de l'autre Nesselrode, Orlow, le C^ de Paer, et l'Anglais Péterson, que se consomma cette catastrophe! On accorda la nuit aux débris des deux corps d'arméfe, pour abandonner notre malheureuse capitale. Sa captivité devait commencer le lendemain 3i mars, à sept heures du matin. Les hostilités ne reprendraient leur cours au delà qu'après neuf heures.

Pendant ces pourparlers Montmartre , sans autre défense que la cavalerie de Belliard et deux cent quarante pompiers, fut à la fois tourné, assailli et enlevé par un corps d'armée de Bliicher. Il pénétra jusqu'aux barrières de Clichy, de Moticeaux et de Neuilly même ! Ce hors-d'œuvre sanglant, cette brutale surprise, à la faveur d'un armistice qu'on prétendit ensuite avoir ignoré, ne servit qu'à donner à Moncey et à nos gardes nationaux des i'^, 2'"*", 9"*® et 10™* lé-

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gions, Toccasion de combattre, d abord en plaine^ puis aux barrières, où leur contenance décidée arrêta les Russes. Là y et jusque dans la rue de Qichy, commencèrent des I^atricâde^. ; L'prmîstice * al(»^ intervint. Mais, un mouvement des Russes ayant paru ofTensif^ aussitôt, dans sa juste défiance, la garde nationale recommença le feu. Il fallut que Moncey et Langeron accourussent eux-mêmes pour l'éteindre.

Le recensement des ^ morts et dés blessés vint en- • suite. Son résultat fut extraordinaire : il atteste le désespoir habile et obstiné de la résistance, et ce qu'on eût pu obtenir avec les moyens qu'on n- employa pas. Sur \ingt-quatre mille hommes tués ou blessés , on compta six mille soldats français; neuf cents gardes nationaux, et plus de dix-sept mille étrangers! Dans ce nofibre remarquable de dix-sept à dix-huit mille ennemis abattus, les huit bataillons seulement de la Garde Prussienne figurèrent pour ireike cent cînquante-cinq soldats et soixante-sept officiers d'élite î

Que de sang ! Que de combats ! La plume se fatigue à les décrire; comment donc s'étonner que, enfin ^ l'épée elle-même se soit rebutée?

' FUI DU LIVaB NEOYlilIK.

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