CHAPITRE I
nouvela, avec une fermeté calme, la proposition formelle de la Régence de Marie-Louise. Alexandre objecta l'inévitable influence de Napoléon sur cette Princesse; les inconvénients de la Régence, au dehors pour la paix générale ; au dedans pour Paris , • Bordeaux, et pour tant de personnages, déjà compromis contre la Dynastie Impériale! Il termina en ajoutant : qu'il ne tranchait pourtant pas absolument une question aussi importante; qu'il en voulait référer au Roi de Prusse; qu'à neuf heures du matin messieurs les envoyés eussent à revenir, qu'alors il se serait décidé et qu'ils recevraient sa réponse. . Ils ont dit, et l'histoire n'a point le droit de le Jaire, qu'ils sortirent de chez cet Empereur aussi satisfaits de lui qu'il était possible. Formes majestueuses, noblesse de sentiments , paroles généreuses , tout enfin avait été d'accord avec sa position : quelque grande qu'elle dit, ils l'y trouvèrent proportionné. Mais, en le quittant, ils rencontrèrent dans la pièce voisine Dupont, Dessolles et l^s membres du Gouvernement Provisoire. Changeant aussitôt d'émotions, ils s'indignèrent, ils les abordèrent avec emportement, les interpellant des noms de rebelles, de traîtres, qui sacrifiaient la France à leur haine contre Napoléon et à leur ambition envieuse et mécontente ! Il y eut là plusieurs minutes d'un tumulte de voix injurieuses et de provocations menaçantes. Caulaincourt ne parvint à les calmer qu'en leur rappelant qu'ils étaient chez l'Empereur Alexandre.
Quant à Talleyrand , resté impassible au milieu de ce conflit, il profita de cet apaisement pour essayer
d'attirer chez lui les parlementaires. Mais Macdonald comprit ce que cette offre avait d'insidieux, il la rejeta avec une hauteur méprisante ; puis, sortant avec ses trois collègues, ils allèrent chez Ney, laissant li- • bre à leurs adversaires ce champ d'intrigues.
On sait les nouveaux efforts de ceux-ci sur l'esprit de l'Autocrate, et leurs invocations contre le danger auquel il exposerait tant de royalistes , s'il les laissait à la merci de l'Empereur et de la Régente.