CHAPITRE III. 18t
« renaissait à Taspect de tant d'infortunes ! Il déplo- « rait la nécessité de sacrifier au repos de l'Europe « cet héroïsme, et d'être forcé de rabaisser tant de a grandeur à une position désormais inofTensive! »
La question ainsi engagée , Caulaincourt se crut lo droit de renouveler son premier appel. Il y eut un moment d^hésitation dans la réponse. Alexandre demanda quelques instants , se retira , puis revint bientôt, mais avec une émotion toute différente. Son attitude était contrainte. Ce fut avec un pénible embarras : « Qu'au nom des Alliés il offrit l'île d'Elbe, « ou autre chose semblable ! » Il s'empressa d'ajouter « que le titre d'Empereur et tous les honneurs « attachés à ce rang lui seraient conservés, et que a l'Europe les reconnaissait inhérents à sa Per- « sonne, y»
Ces mots « ou autre chose » provoquaient une explication ; elle fut demandée , mais il refusa d'y répondre; et aussitôt, reprenant avec une nouvelle chaleur son premier langage , il renouvela ses protestations généreuses ; il chargea les plénipotentiaires de les reporter à Napoléon , et de lui dire : « Que, si la « retraite offerte à son malheur lui déplaisait, ses « États lui étaient ouverts! Qu'il y serait reçu en « ami , en Souverain , avec tous les honneurs dignes « de la grandeur de son génie et d'une si mémorable « infortune! »
Paroles magnanimes en apparence , mais aussi vaines qu'éblouissantes ! Au fait, et à l'exception de l'imprudence d'un lieu d'exil aussi rapproché de la France que l'île d'Elbe, dans quel réduit plus obscur.
plus circonscrit, potivait-on reléguer un Souverain naguère si puissant , un aussi grand homme?
Les marécliaux repartirent pour Fontainebleau, forces d'accepter ce dënoument, auquel, le 3 avril, ils avaient contribue, plus ou moins , sans le vouloir, et que les généraux de Marmont venaient de rendre inévitable !