CHAPITRE IV. t8S
pelait encore à la guerre ! Peut-être ceux qui l'ont forcé d'y renoncer y reviendront : leurs intérêts sont liés à la Révolution que lui représente ! L'aspect de la Contre-Révolution les révoltera ! Entre la paix au prix de Louis XVIII et lui, ou son fiis, au prix d'un effort de guerre de plus, il espère qu'on n'hésitera point ! On l'entendit parler, alors , de « manœuvrer, « de se retirer sur la Loire ! de rallier à lui les trois « armées du midi, et de disputer encore la France! » Quand on lui représenta les distances qui séparaient de ces renforts; les autres armées ennemies qui les tenaient en échec ; la grande armée Alliée qui, de toutes parts , s*avançait autour de lui, et déjà cernait son Quartier Impérial, il répondit : « Que les routes, « fermées à des courriers , s'ouvriraient devant cin- « quante raille hommes !»
a Mais, à ce cri de rupture, a dit un témoin irré- « cusable(i), l'alarme se répandit de nouveau dans « les quartiers généraux de Fontainebleau et dans les « galeries du palais. On s'unit pour rejeter toute a détermination qui aurait pour résultat do prolon- « ger la guerre. La lutte a été trop longue, l'énergie « est épuisée; on le dit ouvertement, on en a assez! a On ne pense plus qu'à mettre à l'abri des hasards « ce qui reste de tant de prospérités , de tant de nau- '( Trages ! Les plus braves finissent par attacher quel- « que prix à la conservation de la vie qu'ils ont « sauvée de tant de dangers. Peut-être aussi se « sent-on entraîné par une vieille aversion contre la
( I ) Fain , manuscrit de i^t^.
t86 LIVRE ONZIÈME.
« guerre civile. Tout enfm devient contraire à ce qui ix ne serait pas un accommodement. Non-seulement a la lassitude a dompté les esprits , mais chacun des «c chefs qui en valent la peine a reçu de Paris des « paroles de conciliation , et des promesses pour sa fc paix particulière. On se plait à envisager la révolu- <c tion nouvelle comme une grande transaction. entre « tous les intérêts français^ dans laquelle il n'y aura <c de sacrifié qu'un seul intérêt , celui de Napoléon! « C'est à qui trouvera un prétexte pour se rendre à « Paris, où le nouveau Gouvernement accueille tout « ce qui abandonne l'ancien. On ne voudrait pour- « tant p£|s être des premiers à quitter Napoléon ; mais « pourquoi tarde-t-il tant à rendre chacun libre de <c ses actions? Et l'on murmure hautement de ces <c délais , des indécisions de l'Empereur, et des proie jets désespérés qu'il conserve ! »
Ajoutez que, dans l'armée entière, au bruit d'une aixiication quelconque, chacun la supposant volontaire, en ignorant la cause, et se croyant abandonné par l'Empereur, les armes étaient tombées des mains les plus résolues! Vainement, quand on objecta ce découragement à Napoléon , invoqua-t-il les conditions qu'il avait mises à sa déchéance, le Duc de Reggio lui répondit: « Que le soldat ne comprenait rien <c à ces restrictions politiques! Que le mot d'ab- <c dicaiion avait tout décidé ! que le lien entre tous ce était rompu , et que tous les corps étaient tombés n dans une dissolution immédiate! » Ce qui était
vrai.
Ainsi repoussé, Napoléon, se débattant dans lesen-