‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 119 sur 232 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

d'hommes que pour un instant. L'explosion des mînés fit à peine sauter quelques pans de murailles, et ne servit y au dernier jour, qu'à chasser hors de la ville les traineurs qu'on n'avait pas pu mettre en mouvement.

Des hommes découragés , des femmes , et plusieurs milliers de malades et de blessés furent abandonnés ;

et à l'instant où le désastre d'Augereau près d'Elnîa

faisait trop voir que Kutusof , poursuivant à son tour, ne s'attachait pas exclusivement à la grande route ; que de Yiazma il marchait directement , par Ëlnia , sur Krasnoé ; lorsqu'enfin on aurait dû prévoir qu'on allait avoii: à se faire jour au travers de l'armée russe, ce fut le i4 novembre seulement que la Grande Armée, ou plutôt trente-six mille combattants commencèrent à s'ébranler.

La Vieille et la Jeune Garde n'avaient plus alors que neuf à dix mille baïonnettes et deux mille cavalieis ; Davout et le premier corps, huit à neuf mille; Nêy et le troisième corps, cinq à six mille ; le Prince Eugène et l'armée d'Italie , cinq mille; Poniatowski, huit cents; Junot et les Westphaliens , sept cents; Latour-Maubourg et le reste de la cavalerie , quinze cents. On pouvait compter encore mille hommes de cavalerie légère, et cinq cents cavaliers démontés que l'on était parvenu à réunir.

Cette armée était sortie de Moscou forte de cent mille combattants; en vingt-cinq jours elle était ré-

duite à Irente-six mille hommes ! Déjà Tarlillerie avait perdu trois cent cinquante canons , et pourtant ces rail)les rentes étaient toujours divisés en huit armées, que surchargeaient soixante mille traineurs sans armes, et une longue traînée de canons et de bagages.

On ne sait si ce fut cet embarras d'hommes et de voitures, ou, ce qui est plus vraisenil)lable, une fausse sécurité, qui conduisit TEmpereùr à mettre un jour d'intervalle entre le départ de chaque Maréchal. Mais enfin lui, Eugène ^ Davout et Ney, ne sortirent de Smolensk que successivement. Ney ne devait en partir que le lôoule 17, Il avait Tordre de faire scier les tourillons des pièces qu'on abandonnait , de les faire enterrer, de détruire leurs munitions^ de pousser tous les traineurs devant lui, et de faire sauter les tours d'enceinte de la ville.

Cependant Kutusof nous attendait à quelques lieues de là , et ces restes de corps d'armée ainsi distendus et morcelés , il allait les faire passer tour à tour par les armes !

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