‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 125 sur 232 · CHAPITRE IV. 2M · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 2M

« près pour oser leur tourner le dos. Il valait donc c( bien mieux, puisqu*on regardait Smolensk, puisque « le Prince Eugène élait de ce côté, se serrer en une <€ ^seule masse, bieti lier tous ses mouvements, et, ce marchant tête baissée, rentrer en Russie au travers «t de ces Russes , rejoindre le Vice-Roi , puis tous en- «t semble revenir, renverser Miloradowitcli , et ga* «c* gner enfin Krasnoé. »

A cette proposition de leur chef, on répondit par un cri d'assentiment unanime. Aussitôt la colonne , serrée en masse , se précipita au travers de dix mille fusils et canons ennemis ; et d*abord ces Russes, saisis d'étohnement , s'ouvrent et laissent ce petit nombre de guerriers presque désarmés s'avancer jusqu'au milieu d'eux. Puis, quand ils comprennent leur résolution , soit admiration ou pîlié , des deux côtés de la route que bordent les bataillons ennemis , ils crient aux nôtres de s'arrêter, ils les prient , ils les conjurent de se rendre ; mais on ne leur répond que par uiie marche décidée, un silence farouche, et la pointe des armes. Alors tous les feux russes éclatent à la fois, à bout portant, et la moitié de la colonne héroïque tombe blessée ou morte !

Le reste continua sans qu'un seul quittât le gros de sa troupe, qu'aucun Moscovite n'osa approcher! Peu de ces infortunés revirent le Vice-*Roî et leurs divisions qui s'avançaient. Alors seulement ils se désunirent. Ils coururent pour se jeter dans ces fai-

bles rangs, qui s'ouvrirent pour les recevoir et les protéger.

Depuis une heure le canon des Russes les éclaircissait. En même temps qu'une moilië de leurs forces avait poursuivi Guilleminot, et Tavait contraint de rétrograder, Miloradowitch , à la léte de l'autre moitié , avait arrêté le Prince Eugène. Sa droite était ap^ puyée à un bois que protégeaient des hauteurs toutes» garnies de canons; sa gauche touchait à la grande route, mais plus en arrière, timidement, et en se refusant. Cette disposition avait dicté celle d'Eugène* I^ colonne royale, à mesure qu'elle était arrivée, s'était déployée à droite de cette route , sa droite plus en avant que sa gauche. T.e Prince mettait ainsi obli* quement, entre lui et l'ennemi, le grand chemin qu'on se disputait. Chacime des deux armées Toccupait par sa gauche.

Les Russes , placés dans ime position si offensive , s'y défendaient ; leurs boulets seuls attaquaient Eugène. Une canonnade, foudroyante de leur côté et presque nulle du notre , était engagée. Eugène , fatigué de leurs feux, se décide : il appelle la i4^ division française, la dispose à gauche du grand chemin, et lulmontre la hauteur boisée où s'appuie l'ennemi, et qui fait sa principale force; c'est le point décisif, le nœud de l'action , et , pour faire tomber le reste , il £siut l'enlever. Il ne l'espérait pas ; mais cet efibrt fixe* rait de ce côté l'attention et les forces de l'ennemi ,

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