CHAPITRE V
de ses feux , crut pouvoir les éteindre. Un régiment qu'il poussa contre la batterie russe fut repoussé. Un second, le i®' de voltigeurs, parvint jusqu'au milieu des Russes. Deux charges de cavalerie ne l'ébranlèrent point. 11 s'avançait encore , lorsque , tout déchiré par la mitraille , une troisième charge l'acheva : Roguet n'en put sauver que cinquante soldats et onze officiers !
Ce général avait perdu la moitié des siens ; il était deux heures , et pourtant il étonnait encore les Russes par une contenance inébranlable, lorsqu'enfîn , s'enhardissant du départ de l'Empereur, ceux-ci devinrent si pressants , que la Jeune Garde , serrée de trop près, ne put bientôt plus ni tenir ni reculer.
Heureusement quelques pelotons, que rallia Davout , et l'apparition d'une autre troupe de ses traîneurs, attirèrent l'attention des Russes. Mortier en profite. Il ordonne aux trois mille hommes qui lui restent de se retirer, pas à pas, devant ces cinquante mille ennemis. « L'entendez-vous, soldats! s'écrie le « général l^borde , le Maréchal ordonne le pas or- « dinaire! Au pas ordinaire, soldats! » Et cette brave et malheureuse troupe, entraînant quelques-uns de ses blessés sous une grêle de balles et de mitraille, se retire lentement sur ce champ de carnage , comme sur un champ de manœuvre !
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