‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 135 sur 232 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Quand Mortier eut mis Krasnôé entre lui et Beningsen il fut sauvé. L'ennemi ne coupait l'intervalle de cette \ille à Lyadi que par le feu de ses batteries , qui bordaient le côté gauche de la grande route. Colbert et Latôur-Maubourg les continrent sur leurs hauteurs. Au milieu- de cette marche, un accident bizarre fut remarqué : un obus entra dans le corps d'un cheval 9 y éclata , et le mit en pièces sans blesser son cavalier, qui tomba debout et continua.

Cependant l'Empereur s'était arrêté à Liady, à quatre lieues du champ de bataille. La nuit venue, il apprend que Mortier, qu'il croit derrière lui, la dépassé. Il s'attriste, s'inquiète , le fait venir, et , d'une voix émue, il lui dit : « Que sans doute il s'est battu (c glorieusement ; qu'il a bien souffert : jinais pourquoi « met-il son Empereur entre lui et l'ennemi? pour- « quoi l'expose-t-il à être enlevé? »

Ce Maréchal avait dépassé Napoléon sans le savoir. Il s'expliqua : il répondit « qu'il avait d'abord laissé « Davout dans Krasnoé , cherchant encore à rallier « ses troupes; et que lui s'était arrêté non loin de là;

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