CHAPITRE VI
on en fut certain, quand, dans celte viile même, on le vit briller de ses propres mains tous ceux de ses efiets qui pouvaient servir de trophées à Tennemi , s'il succombait.
I^ furent malheureusement consumés tous les papiers qu'il avait rassemblés pour écrire Thisloire de sa vie; car tel avait été son projet quand il partit pour cette funeste guerre. 11 était alors déterminé à s'arrêter vainqueur et menaçant sur cette Dûna et ce Borystlîène, qu'aujourd'hui il revoyait fuyant et désarmé ! Alors l'ennui , de six mois d'hiver qui l'auraient retenu sur ces fleuves , lui paraissait son plus grand ennemi; et, pour le combattre, cet autre César y eut dicté ses Commentaires!
HI8T. KT MKIi. — - T. V.
258 LIYKE DIXIÈME.
CHilPITRE VII.
Cependant tout était changé : deux armées ennemies lui coupaient la retraite. Il s'agissait de savoir au travers de laquelle il tenterait de se faire jour ; et comme ces forets litliuanienneSy où il allait s'enfoncer^ lui étaient inconnues, il appela ceux des siens qui les avaient traversées poiu* arriver jusqu'à lui.
L'Empereur commença par leur dire « que le trop a d'habitude des grands succès préparait souvent de « grands revers; mais qu'il n'était pas question de ré- (( criminer. » Puis il parla de la prise de Minsk ; et^ convenant de l'habileté des manœuvres persévérantes de Kutusof sur son flanc droit , il déclara a qu'il vou- « lait abandonner sa ligne d'opération sur Minsk , se « joindre ^ux Ducs de Bellune et de Reggio , passer « sur le ventre à Witlgenstein , et regagner Vîlna en (( tournant la Bérézina par ses sources.»
Jomini combattit ce projet. Ce général suisse allégua la position de W ittgenstein dans de longs défilés. Sa résistance y pourrait être ou opiniâtre ou flexible y mais assez longue pour consommer notre perfe. Il ajouta que, dans cette saison et dans un si