CHAPITRE VII. 2GI
luents ^ sans chaussures , embarrassés dans une foule de mourants, quelques canons et un trésor pillé !
En cinq jours tout s'était aggravé : la destruction et la désorganisation avaient fait des progrès effrayants ! Minsk était pris. Ce n'était plus le repos, l'abondance qu'il retrouverait au delà de la Bérézina , mais de nouveaux combats contre une armée nouvelle. Enfin la défection de l'Autriche semblait s'être déclarée, et peut-être était-elle un signal donné à toute l'Europe !
Napoléon ignorait même s'il pourrait atteindre à Borizof le nouveau danger que les hésitations dé Schwartzenberg paraissaient lui avoir préparé. On a vu qu'une troisième armée russe , celle de Wittgen- . stein , menaçait à sa droite l'intervalle qui le séparait de cette ville; qu'il lui avait opposé le Duc de Bellune, et avait ordonné à ce Maréchal de retrouver l'occasion manquée le i" novembre, et de reprendre l'offensive.
Victor avait obéi; et le i4> le même jour où Napoléon était sorti de Smolensk, ce Maréchal et le Duc de Reggio avaient fait replier les premiers postes de Wittgenstein vers Smoliany, préparant par ce combat une bataille qu'ils étaient con\enus de livrer le lendemain.
Les Français étaient trente mille contre quarante mille. Là , comme à Viazma , c'était assez de soldats , s'ils n'avaient pas eu trop de chefs.
Leurs Maréchaux s'entendirent mal. Victor voulait manœuvrer sur l'aile gauche ennemie , déborder Witlgenstein avec les deux corps français ^ en marchant par Botscheïkowo sur Kamen , et de Kamen , par Pouichma , sur Bérésino. Oudinot désapprouva ce projet avec aigreur, disant que ce serait se séparer de la Grande Armée , qui nous appelait à son secours.
Ainsi l'un des chefs voulant manœuvrer, et l'autre attaquer de front , on ne fit ni l'un ni l'autre. Oudinot se retira pendant la imit à Czéréia ; et Victor, s'apercevant au point du jour de cette retraite , fut obligé de la suivre.
11 ne s'arrêta qu'à une journée de la Lukolm , vers Senno, oii Wittgenstein l'inquiéta peu. Mais enfin le Duc de Reggio allait recevoir l'ordre , daté de Dombrowna , qui le dirigeait sur Minsk , et Victor allait rester seul devant le général russe. Il se pouvait qu'alors celui-ci reconnût sa supériorité ; et l'Empereur, dans Orcha , où il voit , le 20 novembre , son arrièregarde perdue , son flanc gauche menacé par Kutusof, et sa tête de colonne arrêtée à la Bérézina par l'armée de Volhinie , apprend que Wittgenîstein et quarante mille autres ennemis, bien loin d'être battus et repousses , sont prêts à fondre sur sa droite, et qu'il faut qu'il se hâte.
Mais Napoléon se décide lentement à quitter le Borysthène. Il lui semble que ce serait abandonner encore une fois le malheureux INey , et renoncer pour