‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 146 sur 232 · CHAPITRE VIII. r.Z · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. r.Z

s'élonne , en rassemble les restes , les fornijB en réserve, et s'avance à, leur place; Ledni, Razout et Marchand le secondent. Il ordonne à quatre cents Illyrîens de prendre en flanc gauche Tarmée ennemie; et lui-même , avec trois mille hommes , il monte de front à cet assaut! Il n'a point harangué; il marche, donnant l'exemple , qui, dans un héros, est de tous les mouvements oratoires le plus éloquent , et de tous les ordres le plus impérieux ! Tous l'ont suivi. Ils ont abordé , enfoncé , renversé la première ligne russe , et, sans s'arrêter, ils se, précipitaient sur lat seconde; mais , avant de l'atteindre, une pluie de fer et de plomb est venue les assaillir. En un instant JNey a vu tojiis ses généraux blessés , la plupart de ses soldats morts; leurs rangs sont vides, leur colonne déformée tourbillonne ; elle chancelle, recule , et l'entraîne !

Ney reconnaît qu'il a tenté l'impossible , et il attend que la fuite des siens ait mis entre eux et Tennemi le ravin , qui désormais est sa seule ressource. Là , sans espoir et sans crainte, il les arrête et les reforme. Il range deux mille hommes contre qualrevingt mille; il répond au feu de deux cents bouches avec six canons , et fait honle à la Fortune d'avoir pu trahir un si grand courage!

Mais alors ce fut elle sans doute qui frappa Ku^ tusof d'inertie. A leur extrême surprise , ils ont vu ce Fabius russe, outré comme l'imitation, s'obstinant

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dans ce qu'il appelait son humaaiië, sa prudence , rester sur ses hauteurs avec ses vertus pompeuses , sans se laisser, sans oser vaincre , et jcomme éconné de sa supériorité. Il voyait Napoléon vaincu par sa lémérilé, et il fuyait ce défaut jusqu'au vice contraire !

Il ne fallait pourtant qu'un emportement d'indignation d'un seul des cor])s russes pour en finir ; mais tous ont craint de faire un mouvement décisif : ils sont restés attachés à letir glèbe avec une immoljilité d*^esclaves, comme s*îls n'avaient eu d'audace que dans leur consigne , et d'énergie que leur obéissance. Cette discipline , qui fit leur gloire dans leur retraite, a fait ietîr honte dans la notre.

Ils avaient été longtemps incertains , ignorant quel ennemi ils combattaient; car ils avaient cru que de Smolensk Ney avait fui par la rive droite du Dnieper, et ils se trompaient , comme il arrive souvent , parce qu'ils supposaient que leur ennemi avait fait ce qull aurait diï faire.

En même temps les Illyriens étaient revenus lout en désordre ; ils avaient eu un étrange moment. Ces quatre cents hommes, en s'avançant sur le flanc jonche de la position ennemie , avaient rencontré cinq mille Russes qui revenaient d'un combat partiel avec une Aigle française et plusieurs de nos soldats prisénnîers.

Ces deux troupes ennemies , Tune retournant à sa

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