CHAPITRE VIIL
pos»llk>tt j ïoMte albnt Tattaquer, s'avançoûeiU dans la Même- direciîoû et se côtoyaient ^ en se mesurant ëes yeux , sans qu'aucune d'eUes œàt coamiencer le cocodiat. EBes roarchaient si près l'une de Tautre, qMe évL mSîeu des mngs russes , les Françaê prisonniers tendaient les niains aux leurs en les conjurant de vemr les délivrer. Ceux-ci leur criaient de venir à eux , qu'ils les recevraient et les défendraient; unis personne ne fit le premier pas. Ce fut alors que Ney, culbuié j entraîna tout.
Cependant Kutusof , plus confiant dans ses canons que dans ses soldats , ne dierdiatt à vaincre que de loin. Ses feux couvraient ielleaient tout le terrain occupé par les Français^ que le niéiue boulet qui renversait un lionune du |)reniier rang , allait tuer sur les dernières vcHtures les fennnes fugitives de Moscou.
Sous cette grêle meurtrière ^ les soldats de Ney^ éton^ nés, inniiobiles^ regardaient leur clief^ attendant sii décision pour se croire {yerdus, espérant sans savoir pourquoi , ou plutôt , suivant la remarque d'un de leurs officiers , parce qu'au milieu de ce péril extrême ils voyaiem: sou âme tranquille et calme comm« une chose à sa place. Sa fr^re était devenue silenckuse et recueillie : il observait l'amiee enneniie j qui ^ défiante depuis la ruse dn Prince Bugène, s'étendait an loin sur ses fiaitcs pour lui fermer tonte voie de sftkrt.
La mtit commençait à confondre les objets : Vlûver,
en cela seulement favorable à. notre retraite, V^menait alors promptement. Ney l'avait attendue; mais il ne profite de ce sursis que pour donner Tqrdre aux , siens de retourner vers Smolensk. Tous disent qu'à ces mots ils sont, demeurés glacés d'étonnement. Son aide de camp lui-même n'en a pu croire- ses oreilles : il est resté muet , ne comprenant pas , et fixant son chef d'un air interdit. Mais le Maréchal a répété le même ordre; à son accent bref et impérieux y ils ont reconnu une résolution prise , une ressource trouvée , cette confiance en soi qui en inspire aux autres, et , quelque critique, que soit sa position, un esprit qui la dpmine. Alors ils ont obéi, et,. sans hésiter, ils ont tourné le dos à leur armée , à Napoléon, à la France! ils sont rentrés dans cette funeste Russie. Leur marche rétrograde a duré une heure; ils ont revu le champ de bataille marqué par les restes de l'armée d'Italie; là ils se sont arrêtés, et leur Maréchal , resté seul à l'arrière-garde , les a rejoints. Ils suivaient des yeux tous ses mouvements. Qu'allait--il faire? Et, quel que soit son dessein, oùdirigera-t-il ses pas, sans guide, dans un pays inconnu? Mais lui , avec cet instinct guerrier, s'est arrêté au. jK)rd d'un ravin assez considérable pour qu'un ruisseau en dût marquer le fond- U en fait écarter la neige et briser la glace. Alors, consultant son cours, il s'écrie : « Que c'est un affluent du Dnieper! que voilà.nolre ftc guide! qu'il faut le suivre! q^'il va nous mençrau