CHAPITRE IX. m
alors y si l'on s'arrélail un instant aux derniers adieux de ceux qui lonibaienl faibles ou blessés, on perdait la trace les uns des autres. Il y eut là beaucoup de cruels nionients, bien clés iiis.lanls de désespoir; cependant reunemi làclia prise.
J^ luallrcureusc colonne , plus tranquille, s'avançait , connue à tâtons , dans un bois épais, quand tout à coup , à quelques pas devant elle , une vive lueur et plusieurs coups de canon éclatent dans la figure des hommes du premier rang. Saisis de frayeur, ils croient que c*en est fait, qu'ils sont coupés , que voilà leur terme , et ils tombent terrifiés ; le reste , derrière eux , se mêle et se culbute. Ncy, qui voit tout perdu, se précipite ; il fait battre la charge , et comme s'il eut prévu cette attaque, il s'écrie : « Compagnons, « voilà Tinstanty'bn avant! lis sont à nous! » A. ces paroles , ses soldats consternés , et qui se croyaient surpris, croient surprendre; de vaincus qu'ils étaient, ils se relèvent vainqueurs; ils courent sur l'ennemi, qu'ils ne trouvent déjà plus, et dont ils entendent, au travers des forets , la fuite précipitée !
On s'écoula vite; mais, vers dix heures du soir, on rencontra une petite rivière encaissée dans un profond ravin ; il fallut la passer un à un , comme le Dnieper. Les Cosaques, acharnés sur ces infortunés , les épiaient encore. Ils profitèrent de ce moment; mais Ney et quelques coups de feu les repoussèrent. On franchit péniblement cet obstacle ^ et une heure après , la faim
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€t répujscment airétèrent pdndahl: àenx heures dans ma grand \îfia^e.
Le lendemain, 19 novembre, depu» minuit jtisqu a dix heures du matin, oa marcha sans rencotitrer d autre ennemi qu'un terrain mofilueux; mais alors lei colonnes de Pktof ont reparu, et Ney léor a fait fiice en se servant de la lisière d'une forêt. Tant^'a dtiré le jour, il a fallu que ses soldats se résignassent à Tcm* les boulets ennemis renverser les ariires qui les abritaient et sillonner leurs bivouacs; car on n'avait plus qife de petites armes qui ne pou\'aient maintenir TartîHerie des Cosaques à uwe dislance suffisante.
I^ nuit revenue , le Marédial a donné le sighal, et Ton s'est remis en marche vers Orclia. Déjà , pendant le jour précédent, Pchébendou'ski et cinquante chevaux y avaient clé envoyés pour demander du seconrs; Hs devaient v être arrivés, si t04}tefots l'ennemi n'^occupait pas encore cette ville.
Les oflîciers de Ney finirent en disant que quant au reste de leur roule, et quoiqu'ils eussent encwerencontré des obstacles cruels, ils n'élatent pas dignes d*^être racontés. Totïlefoîs ik s'exaltaient toujours au nom de leur Maréchal , et faisaient partager leur admiration , car ses égaux eux-méme$ ne songèrent pas à en être jaloux. On l'avait trop regretté^ on avait trop besoin de douces émotions pour se livrer à Tenvie ; Ney s'était d'a^leurs mis hors de sa portée. Pemr hii , dans tout cet lieroîsvne, il était si pea s<»rti