CHAPITRE I. 29t
« bei^ s'élail mis à la suite de ce mouvement hostile « qu*îl avait eu' Tordre de prévenir, laissant Régnier (c devant Sacken, et marchant si lourdement, que, (c dès les premiers jours, ils*était laissé devancer de (c cinq marches par l'Amiral.
. « Le i4 novembre, à Volkowitz, Sacken a joint a Régnier, il l'a séparé de l'Aulrichien, et l'a pressé (C si vivement, qu'il l'a forcé d'appeler Schwartzen- « bei^ à son secours. Aussitôt celui-ci , comme s'il « s'y fût attendu , a rétrogradé en , abandonnant « Minsk. H est vrai qu'il dégage Régnier, qu'il bat (( Sacken et qu'il le poursuit jusque sur le Bug, que « même il lui détruit la moitié de son armée; mais, « le jour même de son succès, le i6 novembre, « Minsk a été pris par Tchitchakof : c'est une doutf ble victoire pour l'Autriche. Ainsi toutes les appâte rences sont conservées ; le nouveau Feld-Maréchal « a satisfait aux vœux de son gouvernement, éga- « lement ennemi des Russes qu'il vient d'affaiblir « d'un côté , et de Napoléon que de l'autre il leiir « a livré. »
Tel fut le cri de la Grande Armée presque entière ; son Chef garda le silence, soit qu'il ne s'attendit pas à plus de zélé de la part d'un allié, soit politique, ou qu'il crût que Schwartzenberg avait assez satisfait à l'honneur par cette espèce d'avertissement que six seniaines plus tôt il lui avait fait parvenir à Moscou.
29S LIVRE ONZltUlE:
Toutefois il adressa des reproches au Fekl-Maréchal. Mais celui-ci lui répondit par une plainte amère, d'abord sur cette double instruction contradictoire , <ju*il avait reçue , de couvrir à la fois Varsovie et Minsk y puis sur les fausses nouvelles que kii avait transmises le Duc de Bassano.
« Ce ministre lui avait , disait-il , constamment rea présenté la Grande Armée se retirant saine et sauve , « en bon ordre, et toujours formidable. Pourquoi « lavait-on joué par des bulletins faits pour tromper « les oisifs de la capitale? S'il n'avait pas fait plus « d'efforts pour se joindre à la Grande Armée , c'est M qu'il avait cru qu'elle se suffisait à elle-même.
II alléguait ensuite sa propre faiblesse : « Comment « exiger qu'avec vingt-huit mille hommes , il en con- « tint aussi longtemps soixante mille? Dans cette « position, si Tchitchakof lui a dérobé quelques niar-
« ches, doit-on s'en étonner? A-t-il alors hésité à le
« suivre , à se séparer de la Gallicie , de son point de
<c départ, de ses magasins, de son dépôt? S'il n'a
« point continué, c'est que Régnier et Durutte, deux
<c généraux français, l'ont rappelé à grands cris à
a leur secours. Eux et lui ont du espérer que Maret,
« Oudinot, ou Victor, pourvoiraient au salirt de
« Minsk. »
CRAMTRE n. )M