CHAPITRE II
Ea effet , on n'était guère en droit d'en accuser d'aulres de traliison, lorsqu'on s'était trahi soi-même, car tous s'étaient manqué au besoin.
A Vilna , on paraissait être resté sans défiance , et quand, de la Bérézîna à la Vistuie , les garnisons , les dépôts , les bataillons de marche , et les divisions Durutte , Loison et Dombrowski, pouvaient , sans le secours des Autrichiens , former à Minsk une armée de trente mille hommes , un général peu connu et trois mille soldats avaient été les seules forces qui s'y étaient trouvées pour arrêter Tchitchakof. On savait même que cette poignée de jeunes soldats avait été exposée devant une rivière, où TAmiral les avait précipités, tandis que cet obstacle les aurait défendus quelques instants, s'ils eussent été placés derrière.
Car, ainsi qu'il arrive souvent , les fautes d'ensemble avaient entraîné les fautes de détail. Le gouverneur de Minsk avait été choisi négligemment : c'était , diton , un de ces hommes qui se chargent de tout , qui répondent de tont, et qui manquent à tout. Le 1.6 novembre, il avait perdu cette capitale et avec elle
quatre mille sept ceats malades , des minutions de guerre et deux millions de rations de Vivres. Il y avait cinq jours qu^ le bruit en était venu à Dom* browna, et Ton allait apprendre un plus grand malheur. ^.
Ce même gouverneur s'était retiré sinr Bôrizof. Là il ne sut . ni avertir Oudinot , qui était à deux marches, de venir à son secours; ni soutenir Dombrowski y qui accourait de Bobruisk et dlgumen. Dom^rowski n'arriva, dans la nuit du !2o au 21 ^k la tête du pont qu'après l'ennemi; pourtant il en chassa l'avant-garde de Tchitcliakofi il s'y étàUit, et s'y défendit vaillamment jusqu'au soir du 21 ; mais alors I écrasé par l'artillerie russe , qui le prit ea itanc, il fut attaqué par dés forces doubles des siennes , et culbuté au delà de la rivière et de la ville jusque sur le chemin de Moscou^
Pfapoléon ne s'attendait pas à ce désastre : il croyait l'avQJb:* prévenu par ses instructions adressées de Mos* cou à Victor, le 6 octobre : <€ Elles supposaient une « vive at,taqu0 de Wittgenstein ou de Tcbitchakof ; « elles recommandaient à Victor de se tenir à par- (c tée de Polotak et dé Minsk; d'avoir un officier (< sage 9 discret et intelligent près de Sdiwartzen* « berg ; d'entretenir une correspondance réglée avec (c Minsk , et d'envoyer d'autres agents sur plusieurs « directions. »
Mais, Wittgenstein ayant attaqué avant Tchitdia-