CHAPITRE VIII
Fendant ce combat Napoléon , à la lête de sa Garde, resta en réserve à Brilowa, couvrant l*issue des ponts , entre les deux batailles , mais plus près de celle de Victor. Ce Maréchal , attaqué dans une position très-périlleuse ,. et par une force quadruple de la sienne, perdait peu de terrain. Son corps d'armée, mutilé par la prise de la division Partouneau^ , avait sa droite appuyée au fleuve. Une batterie de l'Empereur, placée sur l'autre rive, la soutenait. Un ravin protégeait son front; sa gauche était en l'air, sans appui, et comme perdue dans la plairke liaute de Studzianka.
La première attaque de Wittgenstein ne se fit qu'à dix heures du matin , le 28 , en travers de la route de Borizof et le long de la Bérézina , qu'il s'efforçait de remonter jusqu'au passage; mais l'aile droite française l'arrêta , et le contint longtemps hors de portée des ponts. Alors Wittgenstein, se déployant, étendit le combat sur tout le front de Victor, mais sans succès. Une de ses colonnes d'attaque voulut traverser le ravin : elle fut assaillie et détruite.
Enfin, vers le milieu du jour, le Russe s'aperçut de sa supériorité; il déborda l'aile gauche française. Tout alors eût été perdu sans un effort mémorable de Fournier et le dévouement de Latour-Maubourg. Ce général passait les ponts avec sa cavalerie. Il aperçut le danger, et revint aussitôt sur. ses pas. De son côté Fournier s'élance à la tête de deux régiments
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liessois et badois; laile droile russe, déjà victorieuse, s'arrête ; elle attaquait , il la force à se défendre , et trois fois les rangs ennemis sont enfoncés. par trois charges sanglantes.
La nuit \int avant que les quarante mille Russes de Wittgenstein eussent pu entamer les six mille hommes du Duc de Bellune! Ce Maréchal resta maître des hauteurs de Studzianka, préservant encore les ponts des baïonnettes russes , mais ne pouvant les cacher à rartîllerie de leur aile gauche.