‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 180 sur 232 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Pendant que cette catastrophe s'accomplissait j les restes de la Grande Arniëe ne formaient plus , sur l'autre rive j qu'une masse informe j qui se déroulait confusément, en s'écoulant vers Zembin. Tout ce pays est un plateau ]x)isé d'une grande étendue , où les eaux , flottant incertaines entre plusieurs pentes , forment un vaste marécage. L'armée le traversa sur trois ponts consécutifs de trois cents toises de longueur, avec un étonnement mêlé de frayeur et de joie.

Ces ponts magnifiques , faits de sapin résineux, commençaient à quelques werstes' du passage. Tchaplitz les avait occupés pendant plusieurs jours. Un abatis et des tas de bourrées y d'un bois combustible et déjà sec , étaient couchés à leur entrée , comme pour lui indiquer ce qu'il avait à en faire. Il n'aurait d'ailleurs fallu que le feu de la pipe de l'un de ses Cosaques pour incendier ces ponts. Dès lors tous nos efforts et le passage de la Bérézina eussent été inutiles. Pris entre ces marais et le fleuve , dans un espace

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