CHAPITRE Xr
de Reggio , qui ne se reconnurent pas d'abord , se furent considérés avec une longue incertitude et une vive anxiété.
Le 3 décembre Napoléon arriva dans la matinée à Malodeczno. C'était le dernier point sur lequel Tchitcliakof aurait pu le prévenir. Quelques vivres s'y trouvaient , le fourrage y était abondant , la journée belle, le soleil brillant, le froid supportable. Enfin les courriers , qui manquaient depuis longtemps , y arrivèrent tous à la fois. Les Polonais furent aussitôt dirigés sur Varsoyie par Olita , et les cavaliers à pied par Merecz sur le Niémen ; le reste dut suivre la grande route qu'on venait de rejoindre.
Jusque-là Napoléon semblait n'avoir pas conçu le projet de quitter son armée. Mais , vers le milieu de ce jour, il annonça tout à coup à Daru et à Duroc sa résolution de partir incessamment pour Paris.
Daru n'en reconnut pas la nécessité. Il objecta a que (c les communications étaient rouvertes et les grands « dangers dépassés; qu'à chaque pas rétrograde, il « allait rencontrer les renforts que lui envoyaient Paris '< et l'Allemagne. » Mais l'Empereur répliqua « qu'il ne « se sentait plus assez fort pour laisser la Prusse entre « lui et la France. Pourquoi fallait-il qu'il restât à la « tête d'une déroute? Murât et Eugène suffiraient pour « la diriger, et Ney pour la couvrir;
a Qu'il était indispensable qu'il retournât en France ^< pour la. rassurer, pour l'armer, pour contenir de là