‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 186 sur 232 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Tels furent les nlotifs de Napoléon. Caulaincourt reçut aussitôt Tordre de préparer en secret ce départ. Le lieu qu'on lui assigna fut Smorgony , et son époque la nuit du 5 au 6 décembre.

Quoique Daru ne dût point accompagner Napoléon , et qu'on lui laissât la lourde charge de l'administration de l'armée, il écouta en silence , n'ayant rien à objecter contre des motifs si puissants; mais il n'en fut pas de même de Berthier. Ce vieillard aflaibli, et qui , depuis seize années , n'avait pas quitté Napoléon ^ se révolta à l'idée de cette séparation.

La scène secrète qui en résulta fut violente. L'Empereur s'indigna de sa résistance. T3ans son emportement, il lui reprocha les bienfaits dont il l'avait comblé : l'armée , lui dit-il , avait besoin de la réputation qu'il lui avait faite , et qui n'était qu'un reflet de la sienne. Au reste, il lui donnait vingt-quatre heures pour se décider; après quoi, s'il persévérait, il pourrait partir pour ses terres, où il lui ordonnait de rester, en lui interdisant pour jamais Paris et sa présence. Le lendemain, 4 décembre, Berthier, s'excusant de son refus sur son âge et sur sa santé aflaihlie , lui apporta une triste résignation.

la.

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