CHAPITRE II
(c ces astres ne présageaient pas les grands événements « de ce monde, mais qu*ils pouvaient bien contribuer « à les modifier y si toutefois Ton admettait leur in- (( fluence matérielle sur notre globe , et toutes les « conséquences que cette influence physique pouvait « avoir sur l'esprit des hommes, en tant que ces a esprits sont dépendants de la matière qu'ils ani- « ment. »
Il y en eut qui citèrent d'anciennes prédictions : (( elles avaient , disaient-ils , annoncé pour cette épo- « que une invasion des Tar tares jusque sur les rives « de la Seine. Et les voilà en effet libres de passer sur « l'armée française abattue, pour les accomplir! »
D'autres se rappelaient entre eux ce grand et meurtrier orage qui avait marqué notre entrée sur les terres russes : « Alors le Ciel avait parlé ! Voilà le malce heur qu'il prédisait ! La nature avait fait effort pour i( repousser cette catastrophe ; pourquoi notre incrécc dulité obstinée ne l'avait-elle pas comprise? v Tant cette chute simultanée de quatre cent mille hommes , événement qui , dans le fait , n'était pas plus extraordinaire que cette foule d'épidémies et de révolutions qui ravagent sans cesse le monde , leur paraissait un événement unique , étrange , et qui avait dû occuper toutes les Puissances du Ciel et de la Terre ; tant enfin notre esprit est porté à ramener tout à soi ; comme si la Providence , protectrice de notre faiblesse , et craignant qu'elle ne s'anéantît à la vue de l'Infini ,
avait voulu que chaque homme, ce point dans Fespace, se crût et fût pour lui-même le centre de l'immensité !