‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 199 sur 232 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L'armée était dans ce dernier état de détresse physique et morale, quand ses premiers fuyards atteignirent Vilna ; Yilna ! leur magasin , leur dépôt , la première ville riche et hal^itée que , depuis leur entrée en Russie , ils eussent rençontf^e ! Son nom $eul et sa proximité soutenaient encore quelques courages.

Le 9 décembre le plus grand nombre de ces malheureux aperçut enfin cette capitale! Aussitôt, les uns se traînant , les autres se précipitant , tous s'engouffrèrent dans son faubourg , tête baissée , poussant obstinément devant eux j et s'y entassant avec une telle opiniâtreté , que bientôt ils n'y formèrent plus qu'une masse d'hommes, de chevaux et de chariots, immobile et incapable de mouvement.

Le dégorgement de cette foule par un étroit passage devint presque impossible. Ceux qui suivaient, gilidés par un stupide instinct , s'ajoutaient à cet encombrement , sans songer à pénétrer dans la ville par ses autres issues , car il en existait ; mais tout était si désorganisé, que, dans toute cette cruelle journée ,

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