CHAPITRE V
Déjà y depuis une heure , Murât et la colonne longue et serrée de sa cavalerie envahissaient Moscou; ils pénétraient dans ce corps gigantesque , encore intact^ mais inanimé. Frappés d'étonnement à la vue de cette grande solitude , ils répondaient à l'imposante taciturnité de cette Thèbes moderne par un silence aussi solennel. Ces guerriers écoutaient avec uji secret frémissement Jes pas de leurs chevaux retentir seuls au milieu de ces palais déserts; ils s'étonnaient de n'entendre qu'eux au milieu d'habitations si nombreuses ! Aucun ne songeait à s'arrêter, ni à piller, soit prudence j soit que les grandes nations civilisées se respectent elles-mêmes dans les capitales ennemies , en présence de ces grands centres de civilisation.
Dans leur silence, ils observaient cette cité puissante , déjà si remarquable s'ils l'eussent rencontrée dans un pays riche et populeux, mais bien plus étonnante dans ces déserts. C'était comme une riche et brillante oasis! Ils avaient d'abord été frappés du soudain aspect de tant de palais magnifiques. Mais ils remarquaient qu'ils étaient entremêlés de chaumières;