CHAPITRE VI
Napoléon était alors dans Moscou. Le Prusden Tobservait : il prévit avec joie les suites de cette témérité; il paratt même qu'il céda à la tentation d'en profiter et de devancer la Fortune. Le 29 septembre , le général russe apprend qu'Yorck a découvert Mittau ; et soit qu'il ait reçu des renforts (en effet deux divisions venaient d'arriver de Finlande ) , soit par une aiïtre confiance /il s'aventure jusque dans cette ville, qu'il reprend , et se prépare à pousser son avantage. Le grand parc de siège allait être enlevé ; Yorck , s'il faut en croire des témoins , l'avait exposé ; il 'demeurait immobile , il le livrait.
On dit qu'alors son chef d'état-major s'est indigné de cette trahison : on assure qu'il a représenté vivement à son général qu'il allait se perdre, et avec lui l'honneur des armées prussiennes; qu'enfin Yorck, ébranlé 9 a laissé Kleist se mettre en mouvement. Son approche suffit. Mais dans cette occasion, quoiqu'il y eût eu une affaire rangée , à peine compta-t-on des deux côtés quatre cents hommes hors de combat. Cette petite guerre finie , chacun reprit tranquillement sa première place.